Le Plan de déplacement urbain de la CREA laisse peu de place aux rêves

(fil-fax 27/06/13)

La CREA vient de lancer la phase finale d’élaboration de son PDU (Plan de déplacement urbain) après cinq années de travaux préparatoires et un bilan du précédent PDU adopté par l’ancienne CAR (Communauté d’agglomération de Rouen). Fin 2007, ce devait être une “simple“ révision à l’horizon 2010. Ce sera un nouveau document puisque depuis, l’agglomération d’Elbeuf (CAEBS) et les communautés de Seine-Austreberthe et du Trait-Yainville ont intégré la grande agglomération autour d’un nouveau projet de territoire.

Le bilan qui a été tiré de l’application du PDU de l’ex-CAR (2000 – 2010) admet « un faible niveau d’atteinte des objectifs », faute d’avoir réalisé ce qui était préconisé : contournement routier, lignes de transports en commun en site propre, pôles d’échanges, requalification de pénétrantes. Il manquait à ce PDU « des objectifs précis et des actions concrètes » ainsi qu’un financement et un calendrier précis, reconnaît l’analyse présentée en préambule du projet de PDU.

Le plan d’action préconisé et qui sera soumis à l’enquête publique, semble affronter ces carences avec des objectifs plus resserrés. Si deux projets d’ampleur et de dimensions nationales restent en suspens (la LNPN et la nouvelle gare de Rouen d’une part, la liaison A28-A13 d’autre part), les traductions concrètes des objectifs du futur PDU semblent réalistes. Au fil des pages du PDU, les mots “améliorer“, “renforcer“, “coordonner“, “adapter“ reviennent régulièrement. Il s’agira de « compléter et organiser les réseaux de déplacements » avec des transports à haut niveau de service comme le futur Arc Nord-Sud (adopté en conseil de CREA), les dessertes du quartier Flaubert, de la future gare Saint-Sever, des plateaux Est. S’y raccordent l’intermodalité, les gardes ferroviaires, les parkings relais…

Avec la tête sud du pont Gustave-Flaubert qui a obtenu le financement pour moitié de l’Etat, et le contournement Est de Rouen comme celui d’Elbeuf, on parle « d’achever la constitution du maillage routier de l’agglomération ».

Le prochain PDU affiche une volonté d’aménagement du territoire « moins consommateur en énergie et moins dépendant de la voiture particulière ». Il faudra pour cela « favoriser l’intensification urbaine le long des axes de transports collectifs structurants » qui a fait défaut pendant la décennie précédente. Les PLU (plans locaux d’urbanisme) devront s’y conformer ainsi que le Programme local de l’habitat, compétence de la communauté d’agglomération.

Concernant les usages, le PDU appelle à « un meilleur partage » de l’espace public, ce qui signifie que les communes qui veulent conserver leur autonomie de décision, devront renforcer leur coordination. C’est le cas par exemple du stationnement public. La réalisation du réseau cyclable devra être accélérée.

Enfin, le PDU s’attaque à la question du transport de marchandises en ville, et particulièrement des livraisons. C’est un des points non aboutis du précédent PDU. Il n’est pas sûr qu’il avancera dans la décennie à venir. Le document parle de « recommandation », de « charte de bonnes pratiques ». Comme l’a montré la fermeture du pont Mathilde, seule la contrainte permet de modifier les habitudes en matière de déplacement.

Le coût des actions du PDU sur la période 2014 – 2019

• 350 M€ pour compléter et organiser les réseaux de déplacement

• 150 M€ pour favoriser l’intermodalité (parking relais ; abords des gares…)

• 1,8 M€ afin de faire évoluer les comportements

• 26 M€ pour structurer un meilleur partage de l’espace public (pistes cyclables)

• 12 M€ consacrés à la participation aux travaux du chenal maritime

• 4,2 M€ afin de poursuivre l’amélioration des connaissances liées à la mobilité

EELV : l’illusion du routier ; PCF : Insuffisant !

Pour EELV, il y a dans ce PDU  « deux visions clairement opposées » : des avancées significatives en matière de transports publics mais aussi « l’illusion du contournement Est » . « Notre inquiétude est qu’à ne pas trancher on finisse par ne rien mettre en œuvre de clair », résument les écologistes.

Le groupe communiste exprime lui aussi un avis mitigé : « C’est insuffisant, les projets (…) ne semblent pas apporter les réponses aux besoins de tous. Nous soutenons fortement les projets ferroviaires engagés mais il faut encore creuser cette voie ! Les projets comme l’Arc Nord Sud illustrent le manque de vision globale du réseau que nous souhaitions voir émerger avec l’achèvement du PDU ».

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