(fil-fax 26/06/13)
Neuf ans après sa création, le Réseau Education Sans Frontières (RESF) ne dévie pas de son objectif de veiller en tout lieu au droit fondamental à la scolarisation sur le sol français des enfants qu’ils soient étrangers ou non. A l’entrée de l’été, l’association craint une accélération des expulsions durant les grandes vacances scolaires. Dans ses délégations, l’association organise à cet effet jusqu’à la rentrée une « vigilance militante ». Ce sera le cas en Seine-Maritime sur Rouen, au Havre, à Dieppe et Elbeuf. « A la rentrée nous ne tolérerons pas dans les classes de chaises vides délaissées par des enfants dont les parents auront été expulsés cet été », défend à Rouen pour le réseau Dominique Krempp.
Les mobilisations du réseau dans les lycées et les écoles mettent les jeunes et leurs parents « plus à l’abri en France que dans le reste de l’Europe ». Pourtant des difficultés subsistent explique la militante. « Nous avions fondé de grands espoirs sur le changement de gouvernement et le seul changement a été la “circulaire Valls“ dont les critères sont très limitatifs », poursuit Dominique Krempp. Les familles sans papiers pour y prétendre, doivent justifier de 5 ans de présence en France et leurs enfants doivent avoir été scolarisés depuis au moins 3 ans.
RESF Rouen suit et compte une trentaine de ces “circulaire Valls“ comme on les surnomme désormais. Sur 20 dossiers, 6 sont en attente et 10 familles ont obtenu un titre de séjour “vie familiale“ ou “vie privée“. Quatre familles entrant à priori dans les critères de la circulaire, dont une famille Rom avec 5 enfants, ont pourtant été dernièrement refusées en préfecture. « On nous a répondu que la cellule familiale pouvait se reconstruire au pays », s’interroge la militante. Et puis au nombre des difficultés il y a « comme avant » les « mois d’attente » qui s’écoulent avant d’obtenir une réponse. « On impose à ces familles un parcours du combattant inutile. De toute façon elles ne partiront pas et resteront en France le plus souvent pour des raisons économiques », fait-elle remarquer. Sans ambiguïté RESF demande la régularisation sans condition de ces familles. Au mieux les lycéens obtiennent quant à eux des titres de séjour étudiant limités dans le temps, des titres qui ne permettent pas « une poursuite sereine des études ».
Enfin, les Centres de Rétention Administratives (CRA) perdurent comme à Oissel, regrette encore le réseau qui réclame depuis des années leur fermeture. « Il est question de délocaliser les tribunaux au sein de ces centres de rétention. On imagine que les soutiens auront quelques difficultés à y accéder », s’inquiète Dominique Krempp. « Il nous faut malheureusement encore peser sur nos élus et sur la refonte du Code d’Entrée et de Séjour des Etrangers et Demandeurs d’Asile (CESEDA) qui est en préparation », conclut la militante.