Un plan de réorganisation des CMS exacerbe les tensions à gauche

(fil-fax 26/06/13)

L’évolution du réseau des CMS (centres médico-sociaux) du Département de la Seine-Maritime a mis le feu aux poudres mardi au sein de la majorité de gauche du conseil général où le groupe communiste a exigé l’ouverture d’une phase de concertation. Il exige donc le gel du plan. L’objectif de l’exécutif du Département est de redéployer à effectif constant des agents travaillant dans les CMS, dont certains s’avèrent peu fréquentés alors que d’autres croulent face à la demande. « Ce sera ni plus ni moins qu’une réorganisation purement administrative après analyse des réponses apportées aux habitants », a voulu résumer le président socialiste du conseil général, Didier Marie, sous le feu des critiques venues de sa gauche. Un peu plus tôt dans la matinée, les personnels du Département avaient déjà rappelé dans le hall du conseil général des revendications qu’ils égrènent maintenant à chaque séance de l’assemblée. Les syndicats CFDT, CGT, FO et Sud, sont arc-boutés devant les plans d’économie initiés en Seine-Maritime dès juin 2011. Pour eux, « Il n’y a plus d’équivoque. Les projets de modifications d’organisation des services voulus par le Département n’ont qu’un objectif : supprimer des postes », lit-on dans un de leurs tracts.

La conseillère générale PCF du Havre, Mireille Garcia, a surtout relevé les mots « fermetures, optimisation, co-sectorisation, mutualisation, (…) sortis tout droit du vocabulaire managérial du secteur privé. Ont-ils quelque chose à faire dans une note sur l’organisation des CMS ? » interpelle l’élu communiste. Son collègue maire de Dieppe, Sébastien Jumel, qui entrevoit des réorganisations « incohérentes » dans son agglomération, se plaint de n’avoir été consulté « à aucun moment ».

Mis en cause, l’exécutif du Département rétorque qu’il n’y a dans cette réorganisation « rien qui révolutionne », commente Frédéric Sanchez, 1er vice-président en charge de la Solidarité. Comme l’a également répété Didier Marie, il a assuré que la Seine-Maritime disposait bien d’un des maillages de CMS « les plus denses de France, très déconcentrés ». Didier Marie réplique également à l’accusation en revenant sur n’année de sa prise de fonction (2004, lorsque la gauche a pris la majorité), où « il y avait des projets de transformation et de fermeture. Aujourd’hui sur les 102 CMS, 70 ont été reconstruits ou rénovés, avec un recrutement massif pour permettre la politique de solidarité ». Et d’insister qu’il y aura « aucune conséquence en terme de postes disponibles ».

Pour l’opposition de droite, c’était ici une occasion de reprendre sa critique favorite. Si elle admet les nécessités d’adaptation, elle met en cause la forme « d’une décision qui apparaît brutale », a commenté Pascal Martin, président du groupe Alternance 76. Il a proposé de réduire le réseau des maisons du Département plutôt que de fermer des CSM.

Restructuration des EHPAD de la Ville du Havre

Un important “accord-cadre“ va être signé entre le Département, la ville du Havre, l’ARS, le Groupe Hospitalier du Havre et le centre gériatrique Desaint Jean, pour le lancement d’opérations de restructuration/reconstruction des EHPAD publics (Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) de la ville du Havre. L’ensemble de ces établissements offre 664 lits dont 444 vont bénéficier des opérations de restructuration par un rapprochement entre les EHPAD du groupe hospitalier et le centre Desaint Jean. Celui-ci deviendra le gestionnaire unique des lits d’EHPAD publics autonomes de la ville du Havre.

Cette opération était particulièrement attendue au Havre en raison des dysfonctionnements constatés dans les établissements, particulièrement l’organisation médicale et la qualité de l’encadrement. Le tarif hébergement du futur établissement est fixé à 59 € par jour.

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