La Vallée du Commerce retrouve enfin une eau potable

(fil-fax 10/07/13)

Les habitants de la Vallée du Commerce peuvent de nouveau consommer l’eau du robinet pour leurs usages alimentaires. La préfecture de la Seine-Maritime a levé lundi soir les recommandations qu’elle avait prises « à titre de précaution » le 23 juillet dernier après la découverte d’une pollution des nappes à la N-Nitrosomopholine. Elle met ainsi fin à un épisode de pollution de l’eau sans précédent en France par le nombre de personnes concernées et par sa durée. Au total 21.000 habitants ont été affectés par cette pollution au début de la crise, un nombre réduit à 12.000 rapidement après la mise en place de dérivations locales vers des sources non polluées.

Mais pour assurer un complet retour à la normale, la Communauté de communes Caux Vallée de Seine (CVS) a du engager d’importants travaux pour relier ses habitants aux sources saines de Radicatel, près de Tancarville, appartenant à la Communauté d’agglomération du Havre (Codah). Elle a en particulier construit, à marche forcée, une canalisation de sept kilomètres entre Radicatel et Le Valasse qui a mobilisé une dizaine d’entreprises. Cette réalisation a coûté 7M€ dont 2M€ apportés par l’Agence de l’eau Seine-Normandie et le Département de la Seine-Maritime. La CVS a également dû financer la fourniture de près de 10 millions de litres d’eau en bouteilles distribuées aux habitants qui en étaient privés. Le coût s’élève là à deux millions d’euros.

Pour rentrer dans ses frais, la CVS a obtenu de la justice la nomination d’un expert en vue d’obtenir des dommages et intérêts. La procédure vise des industriels comme le chimiste Oril, une filiale du groupe Servier qui exploite une usine à Bolbec. Mais l’issue reste incertaine, aucune norme n’encadrant jusqu’alors les rejets de N-Nitrosomopholine dans la nature. Ce produit utilisé dans l’industrie pharmaceutique, textile, automobile et même agro-alimentaire est aujourd’hui considéré comme potentiellement cancérigène en cas de consommation régulière sur une durée de plusieurs dizaines d’années. Il n’a été découvert qu’à la faveur d’une campagne de dépistage nationale lancée au premier semestre 2012 sur 500 points d’eau. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a depuis fixé une norme à 100 nanogrammes par litre, un seuil très exigeant, loin des pointes de 1.000 à 1.500 relevées dans certains endroits de la Vallée du Commerce.

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