Marilyn Monroe – Le Secret de Rita H. / Les hommes préfèrent les blondes

Par une nuit d’orage où les secousses éclair mimaient pour tous mon tumulte intérieur, je décidai d’élargir Marilyn Monroe. Désormais, je ne parlerai pas systématiquement, dans ladite catégorie, de choses qui exclusivement consacrés à Madame. On va tâcher d’aller plus avant, d’explorer le contexte, l’Amérique, Hollywood, la poubelle de ses toilettes. Ça pourra te paraître parfois tiré par les cheveux, mais je suis déjà bien gentil de me justifier dans mon propre royaume, alors profil bas, ok, cocotte ?

 

Bref, joignons la parole à la parole : je vais te causer d’un bouquin sur une actrice de la génération précédant celle de Marilyn, et qui par là fait partie de ses références, de ces gens qui lui refilèrent l’envie, via écran, d’être une superstar super – cette actrice, un indice s’affiche chez vous, dansait comme un diable espagnol tandis que sur son crâne virevoltait une sublime crinière rousse OUI BRAVO c’est bien Rita Hayworth !

 

Le Secret de Rita H., Stéphanie des Horts, 2013

 

Si tu n’as pas la moindre idée de qui est cette lovely Rita, je te suggère de cliquer sur le play ci-dessous (si tu connais déjà, y’a pas besoin que je suggère, c’est la première chose que t’as fait en arrivant, tout obsédé que tu es désormais par cette magnifique paire d’aisselles) :

 

 

 

 

« Sometimes my brain gets real starved ! » s’attriste faussement Lorelei alors que le type vient de lui faire un exposé tout pourri sur les mœurs africaines. Le déplacement par rapport à l’imagerie pin-up est fin : on ne rit plus de la bêtise de la blonde, on rit du vieux monsieur qui croit si sincèrement en la bêtise de la blonde qu’il prend tout ce qu’elle dit pour argent comptant, et ne se doute pas une seule seconde qu’elle est en train de le manipuler. Bien sûr, Hawks n’hésite pas à rire de Lorelei dès qu’il en a l’occasion, et en particulier de son inculture.

 

Lorelei : Excuse me, but what is the way to Europe, France?

 Dorothy : Honey, France is IN Europe.

Lorelei : Well, who said it wasn’t?

Dorothy : Well… you wouldn’t say you wanted to go to North America, Mexico.

Lorelei : If that’s where I wanted to go, I would.

 

Mais ça ne diminue pas le personnage, au contraire, ça lui donne du relief, de la cohérence (c’est juste une pauvre fille de Little Rock après tout, pourquoi est-ce qu’elle maîtriserait la géographie ? on comprend d’autant mieux pourquoi elle tient tant à s’extraire de son milieu !), d’autant plus que cette inculture est joliment compensée par sa créativité. Lors de la scène du diadème, c’est d’abord elle le dindon de la farce, regardez elle sait pas qu’un diadème ça va sur la tête oh la débiiiiile. Mais finalement c’est elle qui l’emporte, c’est elle qui clôt la phase avec un petit one-liner bien plus drôle que le gag qu’il conclut :

 

You DO wear it on your head. I just LOVE finding new places to wear diamonds.

 

Lorelei Lee est le personnage le plus intéressant du film, le plus drôle, le plus beau, le plus tout. Lorelei Lee est l’âme, vicieuse et bancale, de son film. Marilyn Monroe profite de cette occasion en or pour cambrioler la vedette UN TRUC DE MALADE il faut savoir que Jane Russell était payée dix fois plus qu’elle DIX FOIS PLUS c’est dire à quel point on ne misait pas sur Marilyn BIEN JOUÉ MEUF.

 

Je voulais conclure en expliquant que j’avais découvert pourquoi, en France, alors qu’on saurait tous reconnaître entre mille la tronche de Marilyn Monroe, concrètement, on a généralement vu 0 film la contenant. Et là j’aurais mis un extrait de la VF de Les hommes préfères les blondes. Ça t’aurait bien fait marrer, c’était ridicule, c’était six euros de budget grand max pour le doublage. Malheureusement Dailymotion m’ a supprimé la vidéo ! Tu peux envoyer tes lettres d’insulte. 

 

 

http://userserve-ak.last.fm/serve/500/123024/Rita+Hayworth.jpg

À bientôt !

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