(fil-fax 05/09/13)
La direction de l’entreprise de maintenance de trains d’atterrissage Revima à Caudebec en Caux n’a pas peur de la provocation. Elle veut obtenir des 340 salariés des « efforts » qui pourraient prendre la forme de trois heures supplémentaires hebdomadaires non payées et de l’abandon de RTT et de congés pour les cadres. Présentées au personnel dans une lettre ouverte, le 27 août, ces propositions ont été soumises aux deux organisations syndicales, la CGT et la CFE/CGC, actives dans l’entreprise. Le directeur général, Olivier Legrand, indique aux uns et aux autres que la situation financière de l’entreprise est devenue « préoccupante » malgré « une augmentation d’activité récente ». Il leur rappelle que Revima est engagée dans un plan d’économies depuis fin 2012 afin de réduire ses pertes en 2013 et de redevenir bénéficiaire en 2014. Mais selon lui, la situation a continué de se dégrader avec des marges « historiquement » mauvaises sur certaines prestations. Il assure que les pertes devraient atteindre en 2013 4,5 à 5 millions euros alors que l’entreprise dont le chiffre d’affaires devrait atteindre 50 millions d’euros s’était engagée auprès des banques à les limiter à 3,4 millions. Cette situation est « inacceptable » à ses yeux, et nécessite la mise en place d’un nouveau plan d’économie qu’il chiffre à 1,2 million dont 400.000 demandés au personnel.
Valable jusqu’à fin 2014, le contrat qu’il propose prévoit que les salariés effectueraient 138 heures supplémentaires non payées et que les cadres abandonneraient 15 jours de RTT ou de congés pour assurer la charge de travail qui est élevée. Les salariés âgés de 57 ans et plus ne seraient toutefois pas concernés par la proposition. « La direction craint qu’ils ne la refusent et préfèrent un licenciement économique qui serait coûteux pour l’entreprise », assure Joël Choulant, secrétaire du syndicat CGT de Revima. En contrepartie de ces efforts, la direction s’engage à augmenter les salaires de 1,4 % en 2014 et de 2,0 % en 2015.
La direction a manifesté son intention de soumettre à référendum sa proposition qui devra, quelle que soit l’issue de la consultation, obtenir l’accord des organisations syndicales, ce qui paraît relever de la quadrature du cercle. Une telle proposition doit en effet obtenir l’approbation d’organisations syndicales représentant un total de 50 % du personnel c’est-à-dire en l’espèce de la CFE/CGC (38 % des suffrages) et de la CGT (48 %). Or cette dernière a d’ores et déjà dit non. « Il n’est aucunement dans nos intentions de signer alors que nous venons de connaître quatre ans de blocage des salaires », indique Joël Choulant. La CGT a saisi le préfet de Haute-Normandie et demande à la Banque publique d’investissements (BPI) d’intervenir pour venir au secours de l’entreprise.