(fil-fax 10/09/13)
La création des métropoles et la loi sur le logement en cours de préparation seront deux instruments majeurs de l’action de la CREA dans les prochaines années, a indiqué lundi Frédéric Sanchez, président (PS) de la Communauté d’agglomération de Rouen, Elbeuf, Austreberthe lors d’une rencontre avec la presse consacrée aux dossiers de la rentrée. Alors que le volet « métropole » de la loi de décentralisation en cours de discussion au Parlement, provoque des oppositions très fermes du côté du Front de Gauche, du FN, et des réticences à l’UMP et même au PS, le président de la CREA se réjouit que Rouen et son agglomération aient été retenues pour figurer parmi la douzaine de métropoles en France de plus de 500.000 habitants, qui vont « conforter les territoires dynamiques ». Un argument que contestent vigoureusement les élus communistes qui dénoncent le développement d’un réseau d’intercommunalités à deux vitesses. Ils craignent également que le statut de métropole dépouille des communes de leurs compétences ne tient pas. « S’agissant de la relation avec les communes, le point principal c’est le transfert de la voirie, de la signalétique, des parkings vers la Métropole. Or aujourd’hui, de très nombreux maires considèrent que la mutualisation est la bonne formule », assure M. Sanchez en précisant que déjà, une trentaine de communes de la CREA travaillent ensemble pour les appels d’offres. Il y voit également une simplification pour l’entretien de certaines voiries départementales en zone urbaine.
L’autre changement se situe dans la relation de la métropole avec l’Etat, la Région et le Département. Ce sera l’opportunité d’une « meilleure coordination », notamment avec la Région pour l’action économique, l’accueil des entreprises, les contrats de territoire. L’ultime argument est d’ordre financier à un moment où les dotations de la l’Etat subissent une baisse régulière. Pour la CREA, le statut de Métropole signifierait une contribution supplémentaire de l’Etat de l’ordre de 50 M€ sur la durée du mandat à venir (2014 – 2020). Si le vote de la loi intervient assez rapidement, la CREA pourrait passer au stade de métropole au 1er janvier 2015.
« Nous aimons les communes », rassure Frédéric Sanchez. Pour preuve, le choix du gouvernement non pas de fusionner les communes mais de « renforcer les intercommunalités ». Et d’ajouter que la fédération de 70 communes de la CREA « fonctionne très bien ».
Quant à la loi sur le logement préparée par Cécile Duflot, ministre de l’Egalité des territoires, elle concernera toutes les intercommunalités qui se verront charger de la mise en œuvre de l’urbanisme. Là aussi, les réticences sont fortes, car certains maires craignent d’être privés de leur liberté de définir les projets urbains. Pour le président de la CREA, l’enjeu porte sur la péri-urbanisation, son impact environnemental (consommation d’espaces agricoles) et sources de coût sociaux pour les collectivités et les ménages.
En piste pour un nouveau mandat
A six mois des élections municipales, Frédéric Sanchez annonce qu’il sollicitera un nouveau mandat à Petit-Quevilly et se représentera à la présidence de la CREA. Il ne retrouverait ce fauteuil que si la gauche reste majoritaire au conseil communautaire qui sera composé de membres désignés, pour la première fois, directement par les électeurs. Frédéric Sanchez, maire du Petit-Quevilly depuis 2088, préside la CREA depuis juillet 2012 lorsque Laurent Fabius est devenu ministre des Affaires étrangères.