En voulant dénoncer les “cumulards“, L’Express se prend les pieds dans les mandats

(fil-fax 12/09/13)

Faut-il s’en tenir au titre de couverture qui dénonce dans “Palmarès des cumulards“, les « ravages d’un mal très français, les régions les plus touchées, les partis les plus coupables » ? Ou alors ne retenir que « la mutation profonde (…). En Bien », qui se prépare avec le projet de loi sur le cumul des mandats ?

Pour que chacun se fasse une opinion au moment où le Sénat va ouvrir le débat, l’hebdomadaire L’Express publie dans son édition du 11 septembre les résultats d’une enquête sur 1573 “grands élus“, du plus au moins cumulard, non seulement par leurs mandats électifs mais aussi par leurs autres fonctions : président d’intercommunalités, de syndicats, d’offices, d’hôpitaux.

Malheureusement, le dossier de l’hebdomadaire est truffé d’erreurs grossières qui montrent une ignorance sur la loi actuelle. Ainsi le n°1 des cumulards pour la Haute-Normandie selon L’Express, le député PS, président du conseil général de l’Eure Jean Louis Destans, est toujours affublé de ses mandats locaux à Pont-Audemer qu’il a abandonnés. En revanche, L’Express n’a pas pris en compte le siège qu’il occupe au Comité des Régions de l’Union européenne auquel il attache d’ailleurs beaucoup d’importance. Plus éloigné dans le classement, le député et conseiller régional PS Guillaume Bachelay est classé avec son mandat municipal à Cléon qu’il a été obligé d’abandonner.

Le deuxième “cumulard“ haut-normand est le maire du Havre, Edouard Philippe, député depuis juin 2012, président de la CODAH. La surprise du classement concerne Michel Champredon, maire PRG d’Evreux, président de la Communauté d’agglomération, également vice-président du conseil général de l’Eure. On ne l’attendait pas au troisième rang ex-aequo avec Alain Le Vern, président PS du Conseil régional, sénateur de la Seine-Maritime auquel est ajouté son poste de président du port de Dieppe. Les journalistes de L’Express ont pris en compte la présidence de l’Arc Manche, l’une des structures interrégionales européennes, ainsi que le Comité régional de tourisme de Normandie, deux postes qui font l’objet d’une présidence tournante. En revanche, la présidence de l’Opéra de Rouen – Haute-Normandie avec ses 100 salariés permanents n’est pas prise en compte !

On notera que si le président PS du conseil général de la Seine-Maritime, Didier Marie, est “épinglé“ notamment pour sa présidence du coûteux Syndicat mixte transmanche, gageons qu’il serait prêt à l’échanger avec celle de l’Aquabowling des Falaises qui, lui aussi, classe le sénateur UMP Charles Revet parmi les cumulards.

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