La démission d’Alain Le Vern : L’organisateur de la montée en puissance du PS

(fil-fax 13/09/13)

La démission d’Alain Le Vern surprendra également ceux qui l’ont côtoyé et affronté depuis qu’il exerce des responsabilités au sein du Parti socialiste. Né en Bretagne à Portsall (Finistère), venu en Normandie du côté de Bolbec avec sa famille, il a suivi les cours de l’Ecole normale de Rouen pour devenir instituteur, directeur d’école dans le pays de Bray. Syndicaliste, il a totalement basculé dans la politique au PS où il devient un proche de Laurent Fabius qui le fait nommer premier secrétaire de la Fédération de la Seine-Maritime. A ce poste, il sera l’un des artisans de la montée en puissance du PS dans la région. Son talent d’organisateur a permis de faire de la fédération socialiste une machine de guerre à la fois redoutée et enviée par ses adversaires et jusqu’au sein même du PS. Il réussira après un mandat municipal à Petit-Quevilly à se faire élire maire de Saint-Saëns puis député de la 12ème circonscription de la Seine-Maritime (pays de Bray, vallée de la Bresle). Elu pour la première fois à la région en 1986, il en est devenu le président en 1998 succédant à Antoine Rufenacht, alors RPR. Il rejoint le Sénat en 2007 après une défaite aux législatives en 2002.

Contractualisation et désendettement

Elu pour la première fois en 1998, Alain Le Vern été reconduit à la présidence du conseil régional de Haute-Normandie en 2004 puis en 2010, battant respectivement les UMP Antoine Rufenacht puis Bruno Le Maire. Ses deux mandats et demi pourraient être résumés par un souci permanent de structurer le territoire de la Haute-Normandie autour de projets éducatifs (lycées, formation professionnelle), du développement du réseau de transports TER, des filières industrielles. M. Le Vern s’appuyait sur les contrats de plan ou de projets signés avec l’Etat. Que ce soit pour les projets régionaux, interrégionaux et même transnationaux – avec l’Angleterre – ou encore le projet de Ligne nouvelle Paris Normandie, il faisait de la contractualisation avec les territoires l’alpha et l’oméga de l’action régionale.

Farouche partisan d’une gestion au cordeau des finances régionales, il avait fait du désendettement de la collectivité une arme pour mieux négocier avec ses partenaires, qu’ils soient de son camp ou adversaires politiques. Dans son communiqué de démission, après avoir salué « avec gratitude » ses collaborateurs, il ne manque pas de s’accorder un satisfecit : « Notre Région est bien gérée, ce qui aura été aussi ma marque ».

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