Lundi, des secousses de magnitude 4,1 ont secoué ce bassin gazier des Pyrénées-Atlantiques. L’extraction du gisement serait en cause.

L’usine Total de Lacq en 2006. (Bonnaud Guillaume/SUD OUEST/MAXPPP)
Des secousses qui seraient loin d’être naturelles. Un séisme d’une magnitude de 4,1 sur l’échelle de Richter a été enregistré lundi à Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques, sans causer de dommages – événement rare puisque la grande majorité des tremblements de terre sont d’une magnitude inférieure à 3 dans la zone. En cause, pointe « La République des Pyrénées », mercredi 4 septembre : l’exploitation du gaz naturel qui « a entraîné la multiplication des secousses ».
« Avant l’extraction du gaz, il y avait peu de séismes. Les microséismes sont apparus une quinzaine d’années après le début de l’exploitation » dans les années 1950, constate Mathieu Sylvander, sismologue à l’université de Toulouse, interrogé par le quotidien. Les spécialistes parlent de « séisme induit », déclenché directement ou indirectement par des activités humaines.
« Comme une éponge remplie de fluide à haute pression »
Plus de 2.000 séismes ont été enregistrés sur le bassin de Lacq depuis 40 ans, la plupart entre 2 et 2,5 sur l’échelle de Richter. Celui de lundi, qui a eu lieu « dans une zone assez éloignée de la faille nord-pyrénéenne », soit à 30 kilomètres de celle-ci, « fait partie du top 10″, note de son côté Guy Sénéchal, chercheur en physique à l’université de Pau.
On a deux activités sismiques distinctes. La tectonique des plaques qui suit la faille pyrénéenne le long du Piémont et une autre, plus excentrée, liée à l’activité du gisement de gaz de Lacq. C’est comme une éponge remplie de fluide à haute pression. En retirant le liquide, on change la contrainte. L’inertie de la roche est très importante […] Ces séismes sont une réponse à long terme à une activité humaine. »
L’exploitation gazière du bassin de Lacq vit ses dernières heures : de 33 millions de m3 extraits chaque jour dans les années 1950 – 1960, Total est passé à 2,5 millions. Presque épuisés, les puits fermeront dans leur grande majorité fin 2013. Mais les micro-séismes « devraient durer des années après la fin de l’exploitation », selon Guy Sénéchal.
Le bassin de Lacq et son gaz naturel, qui a approvisionné la France en énergie pendant des années, est pourtant cité à tours de bras comme exemple par les partisans du gaz de schiste. Son exploitation par fracturation hydraulique, cette injection d’eau et de solvants sous très haute pression, aurait-elle des conséquences sismiques ? « Si l’injection est contrôlée, elle va induire une micro sismicité non perceptible (magnitude entre -2 et +1). A plus long terme cella dépend de beaucoup de facteurs », répond le physicien.
A Youngstown, petite ville américaine de l’Ohio qui a profité de l’essor de cette manne énergétique pour se réindustrialiser, des secousses de magnitude allant de 2,1 à 4 ont été enregistrées, des « circonstances coïncidentes » montrant que la fracturation hydraulique les aurait provoquées.