
Les propos sont d’un ancien ministre et choquent :
Lors d’une réunion publique à Nice, François Fillon affirme: «Aux élections municipales, plus que dans toute autre élection, j’affirme que les électeurs sont bien placés pour juger, évaluer, choisir le plus compétent des candidats, et repousser par eux-mêmes et en conscience ceux qui sont sectaires», en précisant que frontistes et socialistes pouvaient faire partie de cette catégorie. «Eh bien oui, le combat contre le sectarisme passe aussi par le Parti socialiste, qui, notamment, doit s’interroger sur ses relations avec l’extrême gauche avant de donner des leçons aux autres.»
Des propos qui auront en écho ceux tenus ce week-end à Marseille par la présidente du front national, savant mélange comme à l’accoutumée, de populisme, de xénophobie et de racisme.
Pour ceux qui auraient des doutes, aucune proposition du FN, notamment celles déclinées encore aujourd’hui par Marine Le Pen ne correspond à nos valeurs, ni de près, ni de loin : augmentation de la dépense publique, sortie de l’euro, fermeture des frontières, le Français et l’Etranger… Ce parti joue avec les peurs et mène à l’impasse.
Alors que se profilent les prochaines échéances municipales, et qu’une liste FN devrait être présente à Rouen, une « Charte d’action municipale au service du peuple français » qui encadre les éventuelles alliances en 2014, visant à tendre la main à tous les partis ou responsables politiques pour accéder aux mairies est mise en avant par les responsables frontistes.
Pour ceux qui seraient tentés, simples électeurs ou responsables politiques locaux, alors que le risque d’avoir une extrême droite en passe de jouer les arbitres et rentrer à l’Assemblée Municipale est d’autant plus grand que nous partirions divisés, il est bon de rappeler que toutes les villes qui ont été gérées par le front national ont connu au final un endettement démentiel et des affaires judiciaires qui ont conduit leurs maires en correctionnelle. Vitrolles, Marignane, Toulon et Orange, « villes expérimentales » des méthodes à élargir au pays tout entier ont surtout montré leurs limites en matière de finances, d’emploi, de social, de culture, de sécurité, de démocratie, de droits des travailleurs et respect des lois de la République.
Plus : il y a au moins deux raisons essentielles pour refuser toute alliance avec le FN : une raison morale, car les références idéologiques de ce parti ne sont pas les nôtres et une raison programmatique, car sur bien des points, les proposition de ce parti sont en totale contradiction avec les nôtres.
On ne peut invoquer « le sectarisme » de quiconque pour prétendre le contraire. Franchir le gué, c’est abattre ses idéaux, ce pour quoi on se bat, et quelque part un peu vendre son âme. Alors au nom de tout cela, n’en déplaise à un ancien premier ministre, ou à d’autres ici et là, au delà d’un simple front républicain, nous seront encore nombreux à faire cette différence et à prendre nos responsabilités.
Nicolas ZUILI
Bruno DEVAUX