Alternance-76 dénonce une présidence « sclérosée, refermée sur elle-même »

(fil-fax 17/09/13)

L’opposition de droite au conseil général de la Seine-Maritime éreinte l’exécutif départemental en cette rentrée 2013 et particulièrement son président, le socialiste Didier Marie. A six mois des élections municipales et dix-huit du renouvellement complet de l’assemblée départementale (mars 2015), les critiques visent d’abord les méthodes de gouvernance, particulièrement celles d’un président décrit comme « sourd aux observations, y compris celles de sa majorité », par Pascal Martin, président du groupe Alternance 76 (UMP, UDI, DVD). Il n’y a guère que le chantier de réfection du pont Mathilde à Rouen prévu pour s’achever mi-2014 qui trouve grâce à ses yeux.

Concernant la politique départementale, l’opposition est vent debout contre le mode de relations établi entre le département et les communes, particulièrement sur les nouvelles règles d’attribution des subventions. Selon Pascal Martin, elles reposent désormais sur des critères qui sont inconnus des élus de l’opposition. « Dernière nouveauté : une commission composée exclusivement de vice-présidents attribue des notes aux projets qui lui sont soumis par les communes. On ne sait pas d’où sortent ces notes », dénonce Pascal Martin en brandissant un courrier reçu par son collègue UMP, Daniel Fidelin, (canton de Montivilliers) qui explique pourquoi des travaux ou des projets n’ont pas été retenus au titre de la programmation 2012 – 2013. « Le département abandonne les communes et pour les critères de priorisation, on a une usine à gaz », résume Pascal Martin. « Depuis dix ans (la première élection de Didier Marie remonte à 2004, ndlr), la présidence s’est sclérosée, refermée sur elle-même. La moindre critique est prise comme une provocation ».

L’opposition ne limite pas ses critiques à la gouvernance. Le fond est en cause, « avec des signaux rouges qui nous inquiètent », s’alarme Pascal Martin. Pas seulement pour l’aide aux communes, mais aussi avec des désengagements dans les CMS (centres médico sociaux), le soutien aux associations, les dépenses « somptuaires » de communication. Du côté des recettes départementales, la droite dénonce un « matraquage fiscal », constaté assure l’élu de Clères avec un taux de taxe foncière qui a augmenté de 16,0% entre 2012 et 2013, après une augmentation de 14.7% en 2009. Le tableau se noircit encore avec l’encours de la dette qui a été multiplié par 4 en huit ans, de 350 M€ à 1.400 M€.

Reste un volet politique : le redécoupage des cantons en application de la réforme qui divise par deux leur nombre et établit un duo femme-homme pour représenter chaque territoire. « Indigeste et illisible », analyse Pascal Martin qui n’y voit qu’un seul objectif : « Mettre en place un beau tripatouillage électoral ». Mais surtout, il reproche au gouvernement de préparer le redécoupage sans solliciter l’avis de l’opposition. « On a demandé la constitution d’un groupe de travail pluraliste. On nous répond par le mépris. Et le redécoupage sera présenté au conseil général lorsqu’il sera trop tard », avance le président du groupe Alternance-76.

La proposition du ministère de l’Intérieur sera bien soumise à l’assemblée départementale dans le courant du mois d’octobre. Mais pour la droite, le débat ne sera organisé que pour la forme. Voilà qui promet quand même de sévères joutes au sein du conseil.

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