(fil-fax 14/09/13)
En annonçant qu’il abandonnera la vie politique le 30 septembre prochain, Alain Le Vern a en même temps indiqué qui seront ses successeurs. Simple conseiller régional, il sera remplacé par la socialiste Charlotte Goujon. Cette professeure des écoles de 30 ans a été candidate en 2011 dans le canton d’Ourville-en-Caux. Pour la présidence du conseil régional qui se réunira dans la deuxième quinzaine d’octobre, le groupe socialiste proposera la candidature de Nicolas Mayer-Rossignol.
Agé de 36 ans, il est élu à la Région depuis 2010 et a succédé en 2012 à Guillaume Bachelay à la vice-présidence en charge de l’emploi, de l’économie et des énergies. Ingénieur, ancien élève de l’Ecole normale supérieure, agrégé des Sciences de la Vie et de la Terre, il se décrit comme un militant politique socialiste de longue date. Après avoir exercé autant dans le public (Commission européenne) que dans le privé, il a d’abord travaillé auprès de Laurent Fabius à partir de 2008 pour la constitution de la CREA. En 2012, il a suivi le ministre des Affaires étrangères au quai d’Orsay où il suit les questions d’aide aux pays en développement. Au sein du PS en Seine-Maritime, il a été chargé d’établir des ponts avec les milieux universitaires. Au conseil régional, Alain Le Vern lui a notamment confié la présidence du GIP de la Cité des Métiers.
Son accession à la présidence du conseil régional de Haute-Normandie, pour un mandat qui s’achèvera en 2015, serait un pari de la jeunesse fait par le PS. Il serait le plus jeune président de région et de département en France. C’est obligatoirement un choix de Laurent Fabius qui garde un œil plus qu’attentif sur le bon fonctionnement politique de sa région d’élection.
Il restera cependant à désigner les vice-présidences et la commission permanente. Une opération qui s’avèrera délicate sur le plan politique tant les relations avec les élus du Front de Gauche sont devenues exécrables depuis le retrait des délégations aux deux vice-présidents communistes, Céline Brulin (santé) et Noël Levillain (transports), par Alain Le Vern. Invitée jeudi soir sur France-3, Mme Brulin, qui est également 1ère secrétaire de la fédération communiste, a en substance qualifié le départ de M. Le Vern de bonne nouvelle. « De manière assez unanime à gauche, les élus pensaient qu’Alain Le Vern était en train de faire le mandat de trop » avec des méthodes « de plus en plus autocratique ». Pour Mme Brulin, cette démission doit donc être l’occasion de mettre en œuvre « de nouvelles méthodes de travail » en direction des agents de la région, des partenaires, des élus de toute sensibilité. Il s’agit pour elle ni plus ni moins « qu’on se remette au travail ». Il sera difficile au PS et au Front de Gauche de retrouver le chemin du partenariat. Faute d’accord, il ne serait pas exclu que les communistes refusent de voter pour une présidence socialiste.
Côté écologiste d’EELV, les désaccords avec le PS sont connus, actés, et n’ont guère varié depuis 2010, le point sensible restant le projet routier de contournement-Est de Rouen. Quant aux radicaux de gauche, ils ont salué en M. Le Vern « sa personnalité, son efficacité, sa rigueur et son dévouement à la cause régionale ».
• La composition du conseil régional en sièges – 55 membres
PS : 22 ; PRG : 3 ; FdG : 6 ; EELV : 6 ; PNN (UMP, UDI, DVD) : 12 ; FN : 5 ; NI : 1