Dans une discrétion assourdissante, l’association des régions de France a tenu la semaine dernière son grand congrès à Nantes. A la lecture du programme des tables rondes, on avait l’impression qu’il faut que tout change pour que rien ne change.
Mais comme cela refuse de changer à l’intérieur des régions ou des départements, que l’on continue à s’arquebouter dans le cumul des mandats et autres fromages sous prétexte de décentralisation des compétences (en fait, une déconcentration étroitement concédée par l’Etat central et ses préfectures qui contrôle 90% des finances des collectivités territoriales via la dotation générale de fonctionnement…), le changement qui se fait maintenant va se faire au dessus et en dehors du mille-feuilles figé dans sa crème patissière devenue indigeste pour tout le monde (sauf pour nos élus locaux pâtissiers…):
Avec la METROPOLE une grosse cerise tombe sur ledit gâteau… Sauf que vu dudit gâteau, de la cerise métropolitaine, personne n’en veut !!
Et bien: tant pis pour eux !

Congrès des régions à Nantes : la peur des métropoles
L’acte 3 des lois de décentralisation avec la création des Métropoles fait peur aux conseillers régionaux. Une nouvelle couche du mille-feuille technocratique français ou des compétences renforcées pour les régions avec des budgets en adéquation? Le débat est là.
- Par Xavier Collombier
- Publié le 19/09/2013 | 13:04, mis à jour le 19/09/2013 | 13:27

Les régions qui depuis leur création, avec les lois de décentralisation voulue par la gauche de mai 1981 avec Gaston Defferre, se sont toujours vues comme la seule collectivité territoriale ayant un avenir pour faire face à la mondialisation et à l’affirmation de la construction de l’Union Européenne. Aujourd’hui elles se sentent menacées à force d’avoir vainement attendu leur grand soir.

Faire avec les métropoles
Depuis 30 ans, la question du mille-feuille français n’a pas été tranchée par l’éxécutif ou le législateur. Les conseils généraux ont souvent des budgets supérieurs aux régions. Les communes restent trop nombreuses. Les communautés de communes et demain les métropoles veulent à leur tour avoir leur part du gâteau de la décentralisation à la française. Les compétences des uns empiètent sur celles des autres. Le tout vire au casse-tête pour l’administré ou l’investisseur.
Pour le président du Medef, Pierre Gattaz, il faut en finir avec « le dogmatisme sur le terrain. Derrière l’emploi, il y a un territoire. Nous sommes en compétition avec le reste du monde. Ces jeux politiques et médiatiques finissent par détruire notre avenir ».

Alors quelle solution ?
Des conseillers métropolitains élus au suffrage universel vont voir le jour sur le grand Paris, Lyon et Marseille. Le Sénat a amendé le texte pour ouvrir la Métropole à d’autres communautés de communes moins peuplées Bordeaux, Rouen, Toulouse, Lille, Strasbourg, Montpellier, Grenoble et Rennes pourraient être concernées.
« La région est un facteur de stabilité et de solidarité territoriale » explique Jean-Paul Huchon. « La métropole on va faire avec ».
Ce qui est sûr avec la crise, la volonté de réduire la dette publique au nom du pacte de stabilité et du sauvetage de l’Euro, la création des métropoles passera obligatoirement par une redistribution des cartes. À l’heure de « la pause fiscale », la réforme territoriale va avoir lieu. Les conseils régionaux vont tout faire pour ne pas être ceux amenés à disparaître.

Les assurances d’Arnaud Montebourg
L’ancien président du conseil général de Saône-et-Loire, l’aujourd’hui ministre du redressement productif en est persuadé les régions sont l’avenir de la décentralisation. Venu à Nantes devant le congrès des régions en terrain largement conquis (à deux exceptions près toutes les régions françaises sont gérées par la majorité), Arnaud Montebourg s’est occupé du service après vente de son contrat de plan état-région. Pour valoriser les pôles de compétitivité, l’innovation, l’aide aux PME et le très Haut-Débit, il n’y a qu’un seul interlocuteur pour le Ministre : la région.
Commentaire de Florestan:
