Savoir dire non à un racisme latent.

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D’abord rappeler ce qui a eu lieu : Christiane Taubira, Ministre de la République, comparée à un singe sur la page Facebook d’une candidate du Front national aux municipales puis le vendredi 25 octobre, à Angers, accueillie par des enfants de La Manif pour tous aux cris de : « C’est pour qui la banane ? C’est pour la guenon ! »

 

Ensuite constater ce qui n’a pas eu lieu : la réprobation. Car, si cet épisode a brièvement électrisé les réseaux sociaux, il a été peu rapporté, et trop rarement commenté. Enfin, poser la question : comment une telle scène peut-elle avoir eu lieu en France en 2013 ?

 

Ce qui l’a rendue possible, c’est la répétition quotidienne d’une autre scène, plus banale mais non moins pernicieuse, à laquelle peu à peu nous nous sommes habitués. Quelqu’un, quelque part, prononce une parole raciste, misogyne ou homophobe ; témoin de tels propos, chacun préfèrera la boucler car l’ouvrir, ce serait s’exposer au grand ricanement de l’époque : « Marre du politiquement correct ! ». bref, protester, ce serait risquer le pilori.

 

Alors que les actes et menaces à caractère raciste, antisémite et anti musulman ont connu une forte augmentation ces dernères années comme le rapporte la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH), les élus que nous sommes se voient opposer une double responsabilité : la première, en ne faisant pas systématiquement preuve de retenue et de respect dans les mots que l’on emploie. La seconde, en ne condamnant pas nécessairement des dérives ou des propos inacceptables. Si une réponse de la justice est nécessaire face à ce qu’il convient d’appeler un délit et non une opinion, il convient aussi de faire face à des attaques qui minent notre démocratie.

 

Nous l’avions déjà dit lors de la venue de Najat Vallaud-Belkacem aux Fêtes Jeanne d’Arc en mai dernier, ce qui nous avait d’ailleurs amené un certain nombre de commentaires incendiaires : la virulence de certains propos et la xénophobie  sont inacceptables et rappellent certaines de nos heures sombres, où juifs, musulmans, homosexuels… n’avaient pas droit de cité. A l’heure où pour cause de difficultés économiques la société française se radicalise et les propos se banalisent, la vigilance se doit d’être plus grande dès lors que l’on entend continuer à défendre le vivre ensemble tout en partageant nos différences.

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