Quels sont les moyens possibles pour que les anciens puissent transmettre aux plus jeunes ce qu’il s’est passé, le souvenir, ce qu’on appelle le devoir de mémoire?
Lundi 11 novembre 1918, 11 heures : dans toute la France, les cloches sonnent à la volée.
Au front, les clairons bondissent sur les parapets et sonnent le «Cessez-le-Feu», «Levez-vous», «Au Drapeau». La «Marseillaise» jaillit à pleins poumons des tranchées. Même soulagement en face, dans le camp allemand.
Pour la première fois depuis quatre ans, Français et Allemands peuvent se regarder sans s’entretuer. Un armistice (arrêt des combats) a été conclu le matin entre les Alliés et l’Allemagne, dernière des Puissances Centrales à rendre les armes. Il laisse derrière lui huit millions de morts et six millions de mutilés.
Les survivants ont perdu la foi dans les valeurs morales et spirituelles qui ont fait la grandeur et l’unité de l’Europe. Mais ils veulent croire que cette guerre qui s’achève restera la dernière de l’Histoire, la «der des der»…
Lundi 11 novembre 2013, travail de mémoire. Les Archives départementales lancent la réalisation d’une exposition d’archives présentée au printemps 2014 à Rouen au Pôle Culturel Grammont. Pour nourrir ce projet, elles invitent d’emblée tous les habitants de Seine-Maritime à leur confier, le temps de la numérisation, tous leurs documents familiaux qui ont trait à la Guerre de 14-18 et à devenir acteurs, dans le cadre du projet Europeana 14-18 qui vise depuis 2011 à numériser dans toute l’Europe des fonds détenus par des particuliers sur la première Guerre mondiale et à les rendre accessibles au plus grand nombre sur Internet.
Plus solennel, parce que nous n’oublions pas, et que nous sommes aussi des passeurs de mémoire, nous nous retrouverons tous, élus et anonymes, au delà de nos différences, pour rendre hommage à ceux qui sont tombés, mais tournés aussi vers l’avenir, afin que cette journée de réconciliation franco-allemande, soit aussi celle pour bâtir un avenir partagé.