(fil-fax 21/12/13)
Le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, a présenté jeudi la nouvelle mouture du futur Canal Seine-Nord Europe qui doit permettre sur 106 km entre Compiègne et Douai, le passage du bassin de la Seine à celui de l’Escaut pour des convois fluviaux de grand gabarit (185 mètres de long et 4.400 tonnes).
Les mesures s’appuient sur les conclusions du rapport de Rémi Pauvros, député (PS), maire de Maubeuge, chargé par le gouvernement d’étudier une reconfiguration du projet dont le coût s’élevait 7 milliards d’euros (Md€) au lieu de 4,5 Md€ initialement. Le travail de Rémi Pauvros visait à rendre “réalisable“ le canal Seine-Nord Dans le prolongement des travaux de la commission Mobilité 21 présidée par Philippe Duron pour hiérarchiser le programme des infrastructures terrestres annoncé par le précédent gouvernement.
La reconfiguration du projet passe par l’abandon de la procédure de PPP (Partenariat Public Privé) ce qui permettrait une économie de l’ordre de 1,5 Md€. Sur le tracé proprement dit du futur canal, les modifications sont de deux ordres : tout d’abord une reprise d’une section du canal du Nord sur 10 km dans la partie la plus septentrionale ; ensuite la suppression d’une écluse ; enfin le report des réalisations de plate-forme multimodales « en fonction des besoins du marché ». A cette aune, le coût du tronçon canal Seine-Nord serait ramené à 4,5 Md€. Dans son rapport au ministre des Transports, le député Rémi Pautros insiste sur le choix d’une « approche progressive » prenant l’exemple du canal Albert qui relie Liège à Anvers en Belgique. « Inauguré en 1939, il voit ses capacités améliorées encore aujourd’hui. Un canal est un outil évolutif », indique le rapport.
Aux économies par le redimensionnement du projet, s’ajoute la bonne nouvelle venue de Bruxelles qui a inscrit Seine-Nord parmi les cinq grands projets du nouveau Mécanisme d’Interconnexion en Europe qui le rend éligible à un financement communautaire à hauteur de 40% du coût des travaux et 50% du coût des études.
Le calendrier de réalisation n’est pas pour autant fixé. Il dépendra de la capacité de l’Etat à apporter sa part (1 Md€ au lieu de 3 Md€ dans la précédente mouture). Sur l’ensemble de l’infrastructure, y compris celles qui complèteront le canal, les collectivités devraient apporter 1 Md€. Rémi Pauvros souhaite dans son rapport une ouverture du tronçon central à l’horizon 2020/2023.
Etienne Banzet