Un incident nucléaire si petit soit-il doit être déclaré sans délai

(fil-fax 09/01/14)

A l’initiative d’une plainte déposée en 2013 par le Réseau Sortir du nucléaire et le Collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs, le CNPE de Penly va devoir répondre devant le tribunal de police de Dieppe le 15 janvier d’une infraction au Code de l’environnement. Selon l’accusation, la centrale n’a pas déclaré « sans délai » un incident survenu courant 2012.

En octobre de cette année les équipes de la centrale avaient relevé des traces anormales de tritium dans la nappe phréatique proche du site industriel. Or selon les associations de défense de l’environnement l’incident avait été déclaré seulement quatre mois plus tard à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Dépêchée sur place fin février l’inspection de l’ASN avait décelé un défaut d’étanchéité sur un puisard et relevé une présence d’eau contaminée entre le revêtement inox et le béton brut de l’installation. Le défaut a été depuis circonscrit. « L’importance des faits a conduit le Parquet de Dieppe à poursuivre EDF au titre des infractions au code de l’environnement », se félicite Guillaume Blavette, porte-parole des associations plaignantes. Les mesures à Penly ont révélé des taux de tritium proches de 60 becquerels par litre alors que le taux naturel est de l’ordre de 2 becquerels par litre pour l’eau de pluie. La réglementation française considère comme potable de l’eau qui contient jusqu’à 10.000 becquerels par litre. Le CNPE de Penly encourt pour ce retard d’information une amende de 15.000 €.

Patrick Streiff

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