Mory Ducros : les salariés rongent leur frein

Deux mois après le placement en redressement judiciaire
de l’entreprise Mory Ducros, que reste-t-il des espoirs des
112 salariés dont les emplois sont menacés sur le site ? "En fait, nous ne savons pas trop comment ça va se finir." Derrière cette déclaration teintée d’amertume de Nicolas Larose, délégué syndical CGT, il y a toute l’incertitude des salariés stéphanais du transporteur Mory Ducros et de l’ensemble des 5 000 salariés du groupe. Unique certitude en date, parmi les quatre offres de reprises présentées le 9 janvier dernier, lors d’un comité d’entreprise, seule celle d’Arcole industries, principal actionnaire du groupe, reste aujourd’hui en lice. Elle prévoit en effet de reprendre 1 900 salariés dont 1 754 pour l’entreprise proprement dite.
Un "sauvetage" qui prend l’allure d’un naufrage. Sur le site stéphanais, qui rayonne sur toute la Seine-Maritime, l’activité ne cesse de diminuer, "en particulier dans le secteur de l’expédition, précise Nicolas Larose. Il n’y a du travail que pour environ 50 % des salariés à l’heure actuelle". Contactée au téléphone par "Le Stéphanais", la direction de l’entreprise Mory Ducros à Saint-Étienne-du-Rouvray n’a pas souhaité commenter ces chiffres.
Quoi qu’il en soit, l’ensemble des salariés doit pour l’instant continuer de ronger son frein dans l’attente du 23 janvier où chaque site devrait être fixé sur son sort. "Nous ne nous faisons pas trop d’illusions. Au mieux, nous nous attendons à sauver 40 emplois sur les 112. Mais ce sera peut-être la liquidation totale. Certains collègues, résignés, en sont juste à se demander quand ils partiront et avec quelles indemnités", souligne Nicolas Larose. D’ici là, il faudrait contenir les colères et les impatiences car, parmi les clauses suspensives imposées dans l’offre d’Arcole industries, il est explicitement indiqué qu’aucun conflit social ne doit avoir lieu d’ici le 31 janvier. Seule étincelle d’espoir dans cet horizon bien sombre, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a indiqué le 10 janvier que l’État soutiendrait l’offre de reprise d’Arcole industries via un prêt de 17,5 millions d’euros pourvu que le plan social soit amélioré. Reste à savoir si cette potentielle amélioration se traduira concrètement par davantage d’emplois sauvés.

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