(fil-fax 16/01/14)
Même les bons élèves, comme Mov’eo est souvent présenté, devront se réformer. A l’instar des autres pôles de compétitivité, il devra passer du stade « d’usine à projets » à celui « d’usine à produits ». Appelée « version 3.0 », cette mutation devra s’opérer entre 2013 et 2018 à la faveur de son second contrat de performance signé mardi soir à l’usine Renault de Cléon par les régions normandes et l’Etat. L’Ile de France, troisième région partenaire, avait fait de même le 12 décembre. Cette mutation représente un premier vrai tournant pour ce pôle axé sur l’automobile, la mobilité et les transports collectifs qui est né en 2006 de la fusion de Normandy motor valley et de Vestapolis. Ce pôle qui compte parmi ses adhérents Renault, PSA, Faurecia, Bosh, Valeo ou encore Aircelle est devenu depuis un pôle « à vocation mondiale », reconnu comme « très performant » par la Direction centrale du commerce, de l’industrie et des services. Il est vrai qu’il a l’avantage de concentrer sur ses territoires 70% de la capacité de recherche et développement française dans ce domaine.
Selon le directeur général de Mov’eo, Jacques Chauvet, ce contrat vise à un « rééquilibrage » vers l’aval de l’activité du pôle. D’ores et déjà 28 technologies nouvelles ont été recensées comme « prometteuses » et susceptibles de « secréter le plus de potentiel ». L’objectif est de favoriser « une plus forte prise en compte des aspects business et marchés » et « le regroupement des PME sur des thématiques ciblées ». Un premier regroupement s’est constitué autour de sept entreprises (Genitech, Dotmobil, Carlipa…) sur le thème de l’intégration du numérique dans l’industrie. Une nouvelle instance intitulée Suivi d’activité stratégique (SAS) sera mise en place pour revoir tous les projets deux ans après leur labellisation « pour lever les verrous d’accès aux marchés », selon Jacques Chauvet. Dans cette configuration, quelque 140 projets R&D devraient être labellisés dans les trois prochaines années pour un volume de financement de 700 M€. A rapprocher des 330 projets labellisés depuis la création du pôle pour un volume de plus de 1,3 Md€. Globalement, les objectifs du pôle restent les mêmes : concourir à des véhicules propres et économes mais aussi intelligents, sûrs, connectés et abordables avec de nouveaux services de mobilité pour tous.
Comme les autres pôles, Mov’eo devra se réformer tout diversifiant ses sources de financement vers l’Europe et vers le privé pour compenser un argent public devenu rare. Déjà deux projets ont reçu des financements européens et un plan de prospection a commencé pour porter le nombre d’adhérents de 350 à 500. Le budget du pôle devrait passer de 2.615.000 € en 2013 à 2.880.000 € en 2016. Les financements publics n’évolueront pas : 736.000 € pour l’Etat, 225.000 € pour l’Ile-de-France, 171.000 € pour la Haute-Normandie et 160.000 € pour la Basse-Normandie. En revanche les financements privés devront monter en puissance et passer de 1.323.000 € à 1.588.000 €.
Dominique Aubin