Le rapport de force engagé depuis plusieurs jours entre Arcole Industries, repreneur potentiel du groupe Mory Ducros et les salariés ne faiblit pas. Bien au contraire, un nouveau seuil a été franchi hier lorsqu'une quinzaine d'agences du transporteur se sont mis en grève pour une durée illimitée. Le 28 janvier dernier, devant l'entrée du site Mory Ducros à Saint-Étienne-du-Rouvray, les palettes en feu signifiaient symboliquement l'arrêt de l'activité. "Trop, c'est trop", explique Nicolas Larose, délégué syndical CGT. "Nous refusons d'être pris en otage par les clauses suspensives d'Arcole Industries qui menace de retirer sa proposition en cas de mouvements sociaux sur les sites. C'est purement et simplement du chantage."
Au-delà, les salariés mobilisés à Saint-Étienne-du-Rouvray estiment que l'offre de reprise n'est pas à la hauteur des attentes et des besoins à la fois sur le plan des emplois maintenus et du montant des indemnités prévus pour ceux qui devraient prochainement être licenciés. Encore une fois, le diable se cache dans les détails. "On oublie par exemple de dire que sur les 1 954 emplois préservés à l'échelle du groupe, près de 260 sont soumis à mutation. Autrement dit, ceux qui refusent la proposition sont susceptibles à leur tour de perdre leur emploi. Le compte n'y est pas et le soi-disant "effort" d'Arcole pour améliorer son offre n'est qu'un leurre. Et puis, comment expliquer que sur certains sites l'ensemble des conducteurs soit supprimé pour être remplacé par des sous-traitants? Ca veut clairement dire qu'Arcole ne souhaite pas la fin de l'activité mais la liquidation des emplois salariés", précise Nicolas Larose.
Quoi qu'il en soit, les salariés ne comptent pas en rester là. La mobilisation reste donc d'actualité jusqu'à ce que le tribunal de commerce de Pontoise rende définitivement sa décision sur l'offre de reprise le 31 janvier. Reste à savoir, si durant ce délai et face à l'expansion des mouvements sociaux sur les sites du groupe Mory Ducros, Arcole Industries jugera opportun d'appliquer ses clauses suspensives et de se retirer du jeu.