Le fado, la voix du peuple

Avec le concert de Katia Guerreiro le 11 mars au Rive Gauche et une conférence qui lui est dédiée le 15 février, le fado est à l’honneur à Saint-Étienne-du-Rouvray. Le fado est au Portugal ce que le tango est à l’Argentine. Une référence. Une musique originale mais qui a fait le tour du monde. Cette musique née dans les quartiers pauvres est aujourd’hui invitée sur les plus grandes scènes internationales. À l’exemple de Katia Guerreiro, une des nouvelles étoiles du monde du fado, qui sera sur la scène du Rive Gauche mardi 11 mars. Après le Japon, la Turquie et la Russie les années précédentes, en 2014, sa tournée passe par la France, l’Espagne et la Suisse.
Emmanuelle Bobée, professeur au conservatoire de musique et de danse, lui consacre son rendez-vous musical "Deux temps trois mouvements" samedi 15 février, avec divers extraits audio et vidéo. "Le fado, explique-t-elle, est une musique née au début du XIXe siècle, dans les quartiers populaires. C’est la voix du peuple. On dit que c’est le blues portugais, une musique mélancolique qui parle de la perte, de l’amour, de la dureté de la vie. Fado, c’est le destin, le destin qui pèse sur les gens. À Lisbonne, il est chanté dans les quartiers miséreux, les bars à marins, les maisons closes. Mais il y a aussi des fados plus joyeux, plus entraînants, ou plus intellectuels comme celui de Coimbra, ville universitaire, où il est plutôt chanté par les hommes." Au XXe siècle, pendant la dictature du général Salazar qui dura des années 1920 jusqu’en 1974, des sujets étaient bannis, les chanteurs étaient invités à interpréter plutôt les chagrins de l’amour que la dureté de la vie. Après la fin de la dictature, le fado s’est renouvelé avec une nouvelle génération de chanteuses. Car si le fado traditionnel est chanté autant par les hommes que par les femmes, c’est surtout le fado féminin qui se diffuse dans le monde, d’abord avec Amalia Rodrigues, aujourd’hui avec Dulce Pontes, Misia, Mariza ou Katia Guerreiro.
Le concert de Katia Guerreiro est l’occasion de découvrir ce fado, ouvert aux influences du monde et osant revivifier la tradition. La fadista qui a grandi aux Açores s’inspire des textes des poètes, Fernando Pessoa, Antonio Lobo Antunes, pour exprimer les déchirements de l’âme et les tourments de l’être. "Le fado a toujours eu une inspiration poétique, c’est un mariage entre musique et poésie", souligne Emmanuelle Bobée.
• "Deux temps trois mouvements", conférence samedi 15 février à 14 h 30 au centre socioculturel Jean-Prévost, entrée libre. Renseignements au 02.32.95.83.66.
• Concert de Katia Guerreiro, mardi 11 mars à 20 h 30 au Rive Gauche. Billetterie: 02.32.91.94.94.

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