(fil-fax 06/02/14)
La recherche sur le moteur des voitures du futur était au centre des échanges de la première journée du symposium Normandy Motors Meetings organisé mercredi et jeudi au Zénith de Rouen par le pôle de compétitivité Mov’eo. Parmi les conférences de ce rendez-vous de la recherche et du développement (R&D) autour des filières moteurs et de la propulsion, la présentation des orientations stratégiques du pôle sur le groupe motopropulseur (GMP) du futur a permis de mesurer le chemin que peut encore parcourir l’automobile et son environnement. Un GMP qui sera à l’horizon 2020, soit thermique, électrique ou hybride, une sorte de “mix“ proposé à l’acheteur selon ses besoins.
Le symposium est l’occasion de faire un point sur la R&D portée par des constructeurs, des équipementiers, des laboratoires, du secteur automobile mais aussi de l’aéronautique et de l’industrie spatiale. Rien n’est vraiment révélé dans les allées du Zénith situé à quelques encablures du technopôle du Madrillet où Mov’eo a son siège. Mais on y prend la mesure des avancées technologiques. On a un temps, condamné le bon vieux moteur thermique ? « Il est toujours là, rassure Bertrand Hauet, représentant le groupe Renault au pôle. Et nous avons un champ de modifications beaucoup plus important qu’il y a quelques années ». Les quelque 300 entreprises, laboratoires et centres de R&D membres de Mov’eo sont donc engagés dans ce qui apportera « un gain de consommation, élargira les zones de rendement d’un moteur qui sera le plus propre possible ». Les motoristes ne manquent pas d’idées dans les centres de R&D comme le Certam au Madrillet qui travaille depuis plus de dix ans sur le MCE-5, moteur à compression variable qui doit permettre de réduire de moitié la consommation. Il se fait attendre mais Bertrand Hauet veut encore y croire : « On se trompe rarement sur les solutions. En revanche, on se trompe toujours sur le temps pour les mettre en œuvre ».
Daniel Richard, ingénieur de l’équipementier Valeo, tient le même discours pour que la motorisation électrique et hybride soit « bien plus légère, bien plus efficace et bien moins volumineuse ». Un des défis lancés à la recherche est de mettre au point le moteur électrique qui tournera à quarante ou cinquante mille tours minutes. Comme pour le moteur thermique, la performance industrielle est à portée de main, même pour des PME. Il faut aussi concevoir des systèmes de production adaptés, à l’image de la Manufacture de Véhicules Electriques (MV). « C’est à Sablé-sur-Sarthe, pas en Chine profonde », note Daniel Richard. « Le travail de Mov’eo est de rassembler des acteurs qui vont permettre aux entreprises françaises de se différencier » espère Bertrand Hauet.
Automobile mais aussi aéronautique
Plus de 1.000 décideurs de 15 pays étaient attendus et plus de 8.000 rendez-vous d’affaires ont été programmés pour la 6ème édition du Normandy Motor Meetings. Le symposium s’articule en trois volets : N2M Automotive, pour les filières moteurs et systèmes de propulsion automobile ; N2M pour la R&D et l’innovation ; N2M Aerospace pour les filières moteurs et systèmes de propulsion aéronautique et spatiale.