La campagne de sensibilisation au gaspillage alimentaire qui s’ouvre dans les écoles démarre avec un aliment symbolique fort : le pain.
Depuis la mi-janvier, les élèves des écoles élémentaires stéphanaises ont intégré une nouvelle étape lorsqu’ils débarrassent leur plateau à la cantine. Après avoir fait le tri des couverts et des assiettes, ceux qui n’ont pas fini leur pain sont invités à venir le déposer le long d’une ligne graduée baptisée le panimètre. "Le dispositif est très simple mais il a le mérite d’être vite compris et interprété. Les enfants matérialisent aussitôt la quantité de pain non consommé. C’est d’abord un moyen de les sensibiliser à la réduction du gaspillage alimentaire sans jamais les culpabiliser. Et puis c’est aussi une occasion d’aborder bien d’autres sujets liés à l’alimentation", précise Sophie Lamy, responsable du programme d’éducation nutritionnelle.
Dès lors, à la fin du repas, les questions fusent, y compris pour savoir comment est fabriqué le pain. Certains sont alors déçus de découvrir qu’il n’y a ni œufs, ni beurre, ni sucre dans la recette. Avec un discours bien adapté, du CP au CM2, Sophie Lamy rappelle les notions de familles d’aliments, explique le rôle essentiel que jouent les féculents pour penser et se dépenser, sans oublier d’évoquer simplement le plaisir de manger. "La grande majorité des enfants sont sensibles à ces sujets. Ils en parlent avec simplicité et intérêt. Après tout juste une semaine, nous avons pu constater que le message était bien passé dans certaines écoles et que les enfants faisaient l’effort de prendre la juste quantité de pain en rapport avec leurs besoins. C’est encourageant."
L’opération panimètre prendra fin le 21 février et les résultats de cette expérience conduite par la Ville seront présentés après les vacances, "avec sans doute un petit challenge pour les enfants afin de savoir quelle école a gaspillé le moins de pain", ironise Sophie Lamy.
Cette première initiative menée dans le cadre de la campagne "moins de gaspi, le défi" sera suivie dès le printemps 2014 par la mise en place de classes du goût. Il sera alors question de titiller les papilles pour aider les enfants à identifier plus de saveurs et peut-être leur faire découvrir le plaisir de manger des épinards ou des endives.