(fil-fax 19/02/14)
Mont-Saint-Aignan avec ses presque 20.000 habitants fait partie pour la droite régionale des villes « à reconquérir » en mars prochain. En 2008, le basculement à gauche et l’accession au fauteuil de maire du socialiste Pierre Léautey avait constitué une surprise. Principal campus de l’université de Rouen et de grandes écoles, territoire d’entreprises du tertiaire, siège de grandes entreprises comme Ferrero France, Mont-Saint-Aignan est une commune résidentielle plutôt aisée. « C’est une ville d’équilibre », commente Pierre Albertini, professeur de droit et qui fut maire centriste de 1983 à 2001 avant de “descendre“ à Rouen, avec succès. Le centre-droit modéré n’accepta que du bout des lèvres l’élection de l’UMP Françoise Guégot en 2001 et le mandat qui suivit ne fut qu’une succession de querelles. En 2008, le socialiste Pierre Léautey allié aux écologistes et aux communistes, s’est engouffré dans la brèche ouverte et l’a emporté dans une triangulaire avec 46% des voix devant Françoise Guégot et le centriste Philippe Grigy. Stéphanie Taleb-Tranchard alors porte-parole régionale d’EELV est devenue à cette occasion première adjointe au maire, ce qui en faisait l’élue verte ayant le plus important mandat pour une commune de cette taille en Haute-Normandie.
Six ans plus tard, PS et EELV font liste à part. Sont passés par là les dossiers qui fâchent comme le devenir de la politique culturelle et les chantiers environnementaux. L’affaire de la ferme des Bouillons cédée au groupe immobilier Immochan, a ajouté à la tension entre les deux groupes. Le remplacement de Pierre Léautey devenu député en juillet 2012 par Patrice Colasse a été l’occasion d’une rupture. Le maire sortant devra donc compter avec une liste Mont-Saint-Aignan citoyenne conduite par Pascal Magoarou, conseiller sortant EELV, avec la participation du vice-président du conseil régional, Claude Taleb (EELV). Patrice Colasse a eu 18 mois pour s’imposer alors que les relations à gauche étaient délétères. La mise en route de la reconstruction du centre Marc-Sangnier qui traînait depuis dix ans comme la reprise en main du dossier de la ferme des Bouillons ont assis son autorité. Du côté de Pascal Magoarou, on veut croire à la position sociologiquement médiane de la liste « citoyenne » pour arriver en tête de la gauche.
A droite, le scénario sera identique à celui 2008 entre l’UMP et le centre aujourd’hui sous l’étiquette UDI. Pour le premier, Catherine Flavigny est tête d’une liste Aimer Mont-Saint-Aignan avec Bertrand Bellanger (DVD) en seconde position qui signe ainsi son retour sur la scène politique. Il a été élu à Rouen, adjoint-au-maire puis conseiller municipal d’opposition (1989 – 2001) puis conseiller général (1998 – 2004). Pour l’UDI, Philippe Grigy revient à la tête d’une liste UDI – Modem et bénéficie du soutien de Pierre Albertini qui a offert ses services, y compris comme candidat « derrière Philippe Grigy ». Le Front national tentera de profiter de cette désunion avec Nicolas Béhal dans une commune où Marine Le Pen a recueilli 8,5% des voix en 2012.