l’industrie française est-elle obsolète?

Beaucoup d'entreprises fabriquent depuis des années les mêmes produits avec les mêmes machines et des salariés qui n'ont pas reçu de nouvelle formation. Et surtout, elles ne montent pas en gamme. Beaucoup de facteurs se conjuguent. La faiblesse des relations entre la recherche et les entreprises, le poids de la réglementation, la compétence des entrepreneurs… Cela tient aussi en grande partie à la demande. Les Français demandent des produits assez bas de gamme. C'est clair dans l'automobile. Si les constructeurs allemands produisent des voitures haut de gamme, c'est que les Allemands les achètent. En France, les clients privilégient des produits moins chers. Regardez le succès de Dacia, la marque d'entrée de gamme de Renault ! C'est celle qui a le plus progressé en 2013 en France. Nous avons du haut de gamme dans les avions, la pharmacie et le luxe. En dehors de ces trois secteurs, on reste dans le milieu ou le bas de gamme. Depuis la crise de 2008-2009, la France a sous investi, c'est net. Cette année encore, les industriels français prévoient d'investir 2 % de moins qu'en 2013, année où leurs dépenses ont déjà baissé de 7 %. Donc les usines vont continuer de vieillir. Il y a peu d'incitations à investir : les marges bénéficiaires sont faibles, la croissance aussi, les usines sont déjà en surcapacité. En outre, les défaillances remontent. Les chefs d'entreprise peuvent donc craindre d'être touchés par la faillite d'un de leurs fournisseurs et de leurs clients. Mais cet effet de la crise n'est pas le plus déterminant. Sur longue période, il n'y a pas de sous-investissement en France. Par rapport au produit intérieur brut, nous investissons autant, voire plus, que les Allemands ou que les Américains. Le problème porte non sur le volume mais sur la qualité de ces investissements. Les entreprises achètent des machines, mais peu sophistiquées. Elles gardent de vieilles machines-outils pour fabriquer des produits standards. C'est sans doute l'une des explications de la stagnation de ce qu'on appelle la « productivité globale des facteurs », dont le progrès technique est la composante principale. En France, elle a cessé de croître depuis la fin des années 1990 Tout cela est Très inquiétant. Car sans progrès technique ni hausse de la démographie, pas d'expansion économique. La France risque donc de vivre des années encore avec une croissance extrêmement faible.

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