(fil-fax 04/03/14)
Le Front national s’estime en passe de réussir le pari d’être présent sur tout le territoire avec l’objectif de faire élire un millier de conseillers municipaux au lieu de 60 actuellement, et d’être dans de nombreuses communes « seul à droite, face au Parti socialiste ». Aussi, la présidente du FN Marine Le Pen, avait la mine réjouie vendredi à Elbeuf, au cœur du quartier du Puchot, dans une ville où son secrétaire général adjoint et directeur national de la campagne pour les municipales, Nicolas Bay, sera le seul opposant face à la liste conduite par le maire socialiste sortant, Djoudé Merabet. Chef de file du FN au conseil régional de Haute-Normandie, Nicolas Bay décompte 21 têtes de listes en Seine-Maritime, en espère 9 dans l’Eure.
« Ce département a fait la démonstration de notre capacité d’implantation locale. Ce n’est qu’un début. La fois prochaine, nous serons dans toutes les villes », prévient Mme Le Pen qui cite son propre exemple de conquête dans le Pas-de-Calais : « On a commencé par Hénin-Beaumont. Maintenant on a le Bassin minier… Il faut que les socialistes prennent l’habitude de partager ! » Et plus loin : « Ce département de Seine-Maritime suivra la voie du Pas-de-Calais ». Si l’élection municipale « est fondamentale pour s’implanter », Marine Le Pen pense déjà au coup d’après, l’élection en mai des députés au Parlement européen dont elle est sortante et sera candidate dans la circonscription nord-ouest de France qui recouvre la Haute-Normandie. « Les municipalités vont ramasser le saccage social des décisions européennes. Oui, ces deux élections ont un lien. C’est fini le temps où une élection était plus importante qu’une autre ». Elle prévient : « C’est partout qu’il faut porter le combat politique ».
Dans l’agglomération d’Elbeuf dont il est l’élu à l’Assemblée nationale, le socialiste Laurent Fabius est la cible principale. Pour Nicolas Bay, l’actuel ministre des Affaires étrangères « a organisé une situation de monopole. Il y a un besoin de démocratie ». « Ce n’est pas sain pour des villes de ne pas avoir d’opposition municipale », renchérit Marine Le Pen qui ne cache pas pour autant son plaisir de relever que « le FN sera souvent seul face à la gauche ». Sûr d’avoir des élus dans plusieurs conseils municipaux de la CREA, le FN se prépare également à faire son entrée au sein du conseil de la future métropole. « C’est un de nos défis », note Nicolas Bay.
Une trentaine de listes du FN attendues en Haute-Normandie
Dans l’Eure, sous réserve de dépôts validés en préfecture, le FN annonce sa candidature à Evreux, Louviers, Les Andelys, Le Neubourg, Vernon, La Barre en Ouche, Le Thuit-Signol, Nassandres, et peut-être Bernay, espère Nicolas Bay.
En Seine-Maritime, le FN devrait être présent à Rouen, Le Havre, Dieppe, Barentin, Canteleu, Caudebec-les-Elbeuf, Darnétal, Déville-les-Rouen, Dieppe, Elbeuf, Eu, Fécamp, Grand-Quevilly, Gournay-en-Bray, Harfleur, Le Tréport, Lillebonne, Montivilliers, Mont-Saint-Aignan, Petit-Quevilly, Sotteville-les-Rouen.
Une manifestation pour dire « non à l’extrême droite »
Entre cent cinquante et cinq cent personnes selon les sources, ont manifesté vendredi dans le calme au moment où devait se dérouler la réunion de Marine Le Pen avec des militants du Front national, dans une petite salle du quartier en reconversion urbaine du Puchot. Le défilé organisé par des associations, syndicats et organisations de gauche est resté à bonne distance du lieu de la réunion. En revanche, des groupes de jeunes vivant dans le quartier n’ont pas manqué de lancer quelques lazzis à l’arrivée de Marine Le Pen, sans autre conséquence sous le regard d’importantes forces de l’ordre.