Sacs de nœuds, sacs de neuneus

sacs.jpg

On en apprend véritablement tous les jours. Le règne de Sarkozy
reposait sur des hommes, des femmes et des pratiques qui, à défaut de mériter
notre considération, utilisaient le pouvoir et l’état d’une manière pas
totalement irréprochables.

Les révélations actuelles sur le système mis en place et ses à côtés ne
devraient être un scoop pour personne. En effet, tout ce qui remonte à la
surface en ce moment n’est rien moins que de l’ordre de la confirmation plutôt
que de la surprise. On apprend donc en ce moment et en vrac, que Buisson
enregistrait à l’insu de leur plein gré tout ce petit monde, que Copé refilait
des marchés à ses copains, des pros de la surfacturation, en toute bonne
conscience, que Sarkozy n’hésitait pas à jouer avec son carnet d’adresse pour
arriver à ses fins, que Villepin est un très bon négociateur pour les
retraites, enfin, surtout la sienne.

Ne rechignant pas à faire la sienne la maxime comme quoi la meilleure
défense c’est l’attaque, la droite surjoue l’indignation et Copé, qui ne mange
pas que des pains au chocolat, lèche ses doigts pleins de confiture devant les
caméras de télévision en espérant que ses outrances, ses airs de vierge
effarouchée, ses approximations, ses mensonges même peut-être seront gobés par
les Français. Mais ces personnes qui ont eu le loisir pendant cinq ans de
capter tous les moyens de l’état pour définir des politiques qui ne profitent
surtout qu’à leurs amis et à eux-mêmes continuent de nous prendre pour des
imbéciles en détruisant le discours politique et la politique de l’intérieur
avec un simplisme mâtiné d’un aplomb incroyable.

Tout en critiquant des médias qui seraient à la botte du pouvoir hollandais,
ils n’arrêtent pas de s’épancher sur leurs malheurs sur les plateaux de
télévision ou dans les studios de radio. Tout en digérant les coups portés par
la remontée à la surface de leur façon de gouverner à la limite parfois
franchie de la légalité, ils répondent en accusant leurs habituels
bouc-émissaires de tous les maux dont ils ont été eux-mêmes responsables.

On pourrait saluer cet esprit de corps unanime si le but n’était pas de nous
enfumer pour masquer leurs turpitudes. Sarkozy et son avocat achètent des
portables sous des faux noms pour communiquer et Copé exige la démission de
Taubira à causes d’écoutes téléphoniques tout à fait légales, en tout cas
légalisées sous le règne de Sarkozy. L’avocat de Buisson qui a d’abord nié
l’existence des enregistrements effectués par son client explique à la populace
que le dictaphone se déclenchait tout seul. On apprend que Copé ne favorisait
pas ses amis lorsqu’il leur refila le marché des meetings de l’UMP sans appel
d’offres. Etc.

Sarkozy voulait la fin des juges d’instruction. On comprend mieux pourquoi à
la lumière des affaires qui sont en train de le rattraper. Sarkozy se plaint
que son avocat ait été mis sur écoute, mais c’est lui qui a fait passer cette
loi. Le complot du pouvoir actuel contre le retour de Nicolas Ier, que les
thuriféraires de l’ancien président essaient de faire accroire, c’est un peu
comme quand Copé nous parle d’éthique et de morale, que Morano nous parle de
politique ou que Guéant nous parle de peinture flamande, çà emplit l’espace
médiatique mais on n’y croit pas, ou plus.

L’ancien magistrat de droite Philippe Bilger qu’on ne peut suspecter de
collusion avec le gouvernement actuel et en particulier avec Christiane Taubira
estime que « ce qui se déroule actuellement n’est au fond que la
continuation d’un quinquennat dont le rapport avec l’état de droit et la morale
publique a été infiniment médiocre d’autant plus que l’enthousiasme nous avait
saisis en 2007 devant la promesse d’une République enfin irréprochable

».

On laissera même le mot de la fin au même Philippe Bilger qui répondait à un
journaliste de la Dépêche qui lui posait la question « Êtes-vous
choqué que Nicolas Sarkozy ait été mis sur écoutes téléphoniques ? – Non,
c’est parfaitement normal. Nous n’avons pas affaire à une personnalité
virginale. Tout ce qui se dégage du quinquennat précédent montre qu’il existe
un tas de casseroles. Il est tout à fait légitime, face à un certain nombre de
soupçons, de mettre en œuvre les moyens les plus efficaces. Je ne suis donc pas
scandalisé qu’on ait placé sur écoutes l’ancien président de la République et
deux anciens ministres de l’Intérieur
».

Articles créés 103

Articles similaires

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut