À l’école maternelle Maximilien-Robespierre, les enfants apprennent à s’écouter les uns les autres et à prendre confiance en eux, grâce à Tina et Toni, deux kangourous sympathiques.
Dans la classe des grands de l’école maternelle Maximilien-Robespierre, la vie de Tina et Toni, deux kangourous, est le prétexte à discuter de sujets très quotidiens: faire face aux bagarres, prêter un jouet, accueillir un nouveau dans la classe, prendre soin de son alimentation… Les enfants en parlent entre eux, font des coloriages et, au bout du compte, apprennent à s’écouter et à prendre confiance en eux.
Aude Massé, animatrice à l’association La Boussole, a présenté les histoires de Tina et Toni, chaque mardi pendant deux mois. "C’est un programme où les enfants renforcent leurs compétences en s’amusant, souligne-t-elle. Avoir une bonne estime de soi, c’est avoir des armes, une fois adulte, pour prendre soin de soi et savoir refuser des propositions d’alcool ou d’autres drogues addictives."
D’où l’intérêt de La Boussole, association spécialisée dans la prévention des addictions, pour ce programme utilisé en Suisse. L’école Maximilien-Robespierre a été volontaire pour le tester, avec le soutien de l’Agence régionale de santé (ARS) et de la Ville. "Les enfants étaient très motivés. Pour eux, cela signifiait quelque chose, apprécie l’enseignante, Nathalie Aazmi. Il faudra continuer, cela leur donne l’habitude de discuter entre eux sur les situations qu’ils vivent."
Fin février, les parents ont reçu le cahier des coloriages accompagné d’une présentation des sujets abordés avec les enfants, une façon de les inviter à poursuivre la discussion à la maison. Amine, 5 ans, explique à sa mère tout ce qu’il a appris, les fruits, les couleurs, ne pas taper, ne pas casser. "Il m’en parlait régulièrement, sourit la maman. Au final, il apprend mieux les règles avec ces personnages."
Ce n’est pas seulement apprendre les règles, précise Anne-Valérie Deridder, infirmière scolaire et une des pilotes du projet. « Quand les enfants parlent entre eux, certains ont intégré les règles, les autres entendent ce qu’ils en disent, c’est un échange de compétences. On a parlé aussi des différences; se regarder, parler des qualités de chacun, tout cela est important pour l’image qu’on a de soi."