Le succès d’Edouard Philippe au Havre : Un compteur qui n’en finit pas de descendre avant de s’arrêter à 52,04%…

(fil-fax 25/03/14)

Il est 18h30 dimanche. Le tableau électronique actualisé en temps réel de la salle de presse de la mairie du Havre montre un Edouard Philippe au sommet. Plus de 60% des voix… Mais les bureaux de vote pris en compte sont ceux du centre-ville, traditionnellement favorables à la droite. Alors chacun garde son calme. Le score du maire sortant UMP diminuera tout au long de la soirée… Le conseiller général communiste Michel Barrier n’a cure de ces chiffres : ce qui l’intéresse c’est l’écart entre sa candidate Nathalie Nail et le socialiste Camille Galap à l’avantage très légèrement de ce dernier. Pendu au téléphone, il donne l’évolution en direct à ses amis qui sentent comme lui le danger. Cet écart se réduira à quelques dizaines de voix avant à nouveau de grandir inexorablement. À quelques mètres, Laurent Logiou, écarté de la direction de la liste socialiste, regarde avec un certain détachement l’issue de cette bataille entre deux vaincus.

Il est 18h45. Edouard Philippe fait son entrée dans la salle, le regard tendu suivi quelques minutes plus tard d’Antoine Rufenacht, tout aussi crispé. Ils savent que le passage de témoin entre eux deux se joue dans ces instants. Il leur faudra peu de temps avant de comprendre que si le score d’Edouard Philippe diminue au tableau d’affichage, ce n’est que très lentement. À quelques minutes de la prise en compte des derniers bureaux le doute n’est plus permis : la droite l’emporte dès le premier tour. Ce sera : 52,04%. Michel Barrier ne veut pas y croire… « Il est élu ? » demande-t-il. Antoine Rufenacht lui n’a pas de doutes et peut enfin se lâcher : « Je ne boude pas mon plaisir, c’est une succession réussie ». Mais il s’intéresse aussi à l’écart entre Camille Galap et Nathalie Nail. En espérant qu’un sursaut donne l’avantage à cette dernière. « C’est important pour l’avenir » confie celui qui n’a jamais pas fait mystère de sa préférence pour une opposition communiste plutôt que socialiste.

Il est 19h15. Entouré de son équipe en liesse, Edouard Philippe lève le bras d’Antoine Rufenacht au balcon de la mairie avant d’improviser sous les applaudissements : « C’est la victoire du travail, de la confiance, d’une équipe soudée… ». Les mots paraissent presque faibles au regard de ce triomphe dans une ville qui fut la plus grande commune communiste de France. C’était il y a vingt ans. Autant dire une autre époque.

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