Le Chok muay thaï accueille les championnats de France de boxe thaïlandaise, les 12 et 13 avril. Si le jeune club stéphanais ne présente pas de compétiteurs cette année, il est devenu en cinq ans seulement une référence nationale dans cette discipline.
Le noble art thaïlandais est rangé dans la catégorie des boxes pieds-poings. Les combats sont impressionnants de rapidité, les coups pleuvent de tous côtés, non seulement assénés des pieds et des poings, mais aussi des coudes et des genoux… "C’est physique, en effet, confirme Xavier Llorca, l’entraîneur du club stéphanais, mais c’est avant tout une discipline de vie, un sport qui exige de la rigueur, on ne fait Pas n’importe quoi."
À l’occasion du championnat, le public pourra juger que, loin d’être des bagarreurs, les compétiteurs de muay thaï (boxe thaï) font au contraire preuve d’un très grand respect des règles et de la courtoisie. "C’est la règle de saluer l’adversaire et son coach, un boxeur ne conteste jamais une décision de l’arbitre." Dans ce sport, ajoute l’entraîneur, c’est le mental qui domine, "il faut savoir faire sa boxe tout en prenant des coups". Bref, pour gagner, le nak muay (nom thaïlandais du boxeur) doit avoir, au propre comme au figuré, "un mental d’acier".
C’est ce mental d’acier, ainsi qu’un entraînement tenace, qui auront notamment permis à Gaëtan Dambo d’accéder, il y a un an, au titre de champion de France des moins de 71 kg (classe B). Le champion semi-pro a certes quitté le club stéphanais pour suivre sa compagne à Fréjus, confie l’entraîneur, mais, assure ce dernier, "il reviendra bientôt".
L’absence du jeune champion prodigue (et prodige) se fait d’ailleurs cruellement ressentir dans le club. Xavier Llorca ne présentera aucun compétiteur stéphanais lors du championnat qu’il organise au gymnase de l’Insa, sur le campus du Madrillet, le deuxième weekend d’avril. "Trop de pression", explique l’entraîneur. Les nak muay stéphanais, qui comptent tout de même huit champions de Normandie dans leurs rangs, se sont pourtant entraînés dur, assure le coach, "mais c’est le sport !", commente-t-il, fair-play.
Ce goût du sacrifice et ce fair-play à toute épreuve valent certainement au sport de combat thaï d’attirer chaque année davantage de pratiquants stéphanais. Le Chok muay thaï compte aujourd’hui quatre-vingts licenciés, parmi lesquels huit femmes. "On aimerait convaincre davantage de filles", regrette cependant le coach. Chacun peut pratiquer le muay thaï à son propre rythme, du sport loisir à la compétition, indique-t-il, même à partir de 6 ans. "Les parents aiment bien, ça canalise les enfants dynamiques." Les prochains championnats ne manqueront pas d’amener de nouveaux nak muay sous la houlette de Xavier Llorca.
• Championnats de France, classes A et B, samedi et dimanche 12 et 13 avril, à partir de 10 heures, gymnase de l’Insa, campus du Madrillet. Tarif unique: 5€ (gratuit pour les moins de 10 ans).