Le Plan Autisme III mobilisera plus de 5 M€ en Haute-Normandie

(fil-fax 05/04/14)

Manifestation de parents devant le rectorat

Manifestation de parents devant le rectorat

Dix-sept établissements d’accueil de personnes avec autisme en Haute-Normandie ont échangé mercredi sur la mise en place en région du 3ème Plan autisme 2013/2017, lancé il y a tout juste un an. Les débats se sont déroulés au Centre de Ressources pour l’Autisme de Haute-Normandie (CRAHN) (*), à l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme.

Le Plan met l’accent sur le diagnostic précoce de ce qui est majoritairement considéré aujourd’hui comme un handicap qui touche en moyenne entre 1 et 2% de la population. Le Plan de 5,4 M€ pour la Haute-Normandie prévoit en priorité de réadapter ces handicapés à une vie en société. Plusieurs appels à projets en ce sens orientés vers la formation des professionnels de santé et surtout des familles, seront soumis courant avril à l’approbation de l’ARS. « Le travail dans les structures ne peut être majoré qu’avec un suivi avec les familles », assure Vincent Mouton, cadre de santé au CRAHN.

Pour contenir l’autisme, l’approche pluridisciplinaire avec les familles relègue ainsi au second plan le soin psychanalytique. L’éducatif et le cognitivisme priment désormais sur la cure et l’analyse ce que regrettent les psychanalystes. « Le vrai sujet dans cette maladie mentale est de permettre à l’enfant de connaître sa place dans le monde et pas seulement de lui apprendre à lacer tout seul ses chaussures », estime une tenante de l’école lacanienne du Havre.

L’ambition du Plan est clairement de repérer très tôt un trouble chez l’enfant et de faire en sorte que ce handicap reste un handicap léger, compatible avec une scolarité ordinaire. « Aujourd’hui on ne guérit pas de l’autisme, mais on sait le prendre en charge », résume Pierre-François Gachet, inspecteur à l’Académie de Rouen et qui a participé à la rédaction de la loi sur le handicap en 2005. Deux cents enfants avec autisme léger sont scolarisés en Haute-Normandie. « Le bilan de ces dernières années est positif. On est passé du gardiennage à une approche globale. Il y a 10 ans les professeurs nous disaient “on ne sait pas faire“. Aujourd’hui ils nous disent “montrez-nous comment faire“ », affirme cet inspecteur. Dans cet esprit, une classe de sept enfants cette fois-ci avec autisme lourd sera ouverte à Rouen à la prochaine rentrée (école Graindor). Deux autres classes similaires à Evreux et au Havre sont programmées en 2015. « Le défi est de montrer que ces enfants peuvent vivre en milieu ordinaire », relève Pierre-François Gachet.

(*) Le CRAHN est installé au Centre Hospitalier du Rouvray à Sotteville-lès-Rouen. http://cra-haute-normandie.superdoc.com/

Une place pour 70 demandes 

Le Plan reste discret sur une augmentation des places en institutions. La Haute-Normandie dispose sur ce point d’environ une place pour 70 demandes. Quelques “offres de répits“ ou d’accueil temporaire devraient cependant être mises en place courant 2014, promet l’ARS. Mais sans une place en institution et sans une Auxiliaire de vie scolaire (AVS) à disposition, de nombreux parents n’ont d’autres solutions que de prendre eux-mêmes en charge leur enfant à domicile. Le plus souvent au détriment de leur emploi. « Nous voulons un diagnostic précoce et un accompagnement de nos enfants », a expliqué mercredi devant le rectorat à Rouen Christophe Frerot, père d’un enfant de 13 ans avec autisme et lanceur d’alerte sur internet. Quarante classes Ulis (Unités localisées pour l’inclusion scolaire) et 80 Classes d’inclusion scolaire (CLIS) sont ouvertes dans l’Académie pour les enfants souffrant d’un handicap. Mais « trop souvent on est dans le souci pour obtenir une AVS et trop d’enseignants ne sont pas formés », regrette le père de famille.

Articles créés 1109

Articles similaires

Commencez à saisir votre recherche ci-dessus et pressez Entrée pour rechercher. ESC pour annuler.

Retour en haut