(fil-fax 11/04/14)
Une soixantaine d’agricu
lteurs ont manifesté ce jeudi 10 avril au Havre à l’appel du Groupement des exploitants des prairies alluvionnaires de la Seine (GEPAES) pour réclamer « une agriculture normale » dans la réserve naturelle de l’estuaire de Seine. Soutenus par la FNSEA, ils contestent les mesures imposées par le nouveau plan de gestion de la réserve, officialisé en juillet 2013.
« Marais inondé = Elevage sacrifié » ; « Non à la dictature, oui à l’agriculture ». Les slogans affichés sur les banderoles étalées devant la sous-préfecture du Havre entre tracteurs et moutons résument les revendications. Ainsi, cet agriculteur : depuis les années 80, il loue au port du Havre, sur ce qui est devenu depuis 1997 la réserve naturelle de la Seine, une parcelle de 18 hectares et alimente en foin les centres équestres de l’agglomération. Protestation : « J’ai participé à la quinzaine de réunions organisées pour élaborer ce troisième plan de gestion de la réserve naturelle et constate qu’il n’y a pas eu finalement de concertation. Nous subissons la dictature des écologistes. » Les agriculteurs -120 sur la réserve- contestent de nouvelles contraintes, après l’interdiction de l’utilisation de pesticides : la date de la fauche du foin a été reportée du 1er au 8 juillet et le maintien « artificiel » du niveau d’eau des marais prolongé, afin de favoriser la nidification de certaines espèces d’oiseaux migrateurs. Autant de mesures préconisées pour lutter contre l’assèchement progressif des prairies et marais de l’estuaire, lié entre autres motifs aux constructions de Port 2000 puis du Pont de Normandie. « Trop de contraintes entraînent la déprise agricole », résume Hubert Lefrançois, président du GEPAES. Un recours contre l’arrêté préfectoral validant ce troisième plan de gestion de la réserve naturelle a été déposé par la Chambre d’agriculture.
Un espace fort convoité, où doivent cohabiter agriculteurs, chasseurs, coupeurs de roseaux et écologistes. Un autre recours juridique a été déposé en septembre 2013, par les associations de protection de la nature. « Ce plan avait déjà autorisé des pratiques peu respectueuses de la biodiversité de la part des agriculteurs telles que l’utilisation d’engrais chimiques pour la fertilisation et la culture de parcelles de maïs, mais ils veulent toujours plus », dénonce le président de SOS Estuaire, Patrice Bonay. Les associations contestent également la nouvelle répartition des zones de non chasse. Et de rappeler que les espaces naturels protégés (dont les 220 réserves naturelles) ne représentent en France à peine plus de 1% du territoire national. Une manifestation sur les lieux est prévue le 18 mai.