(fil-fax 25/04/14)
Brownfields dissipe, au moins en partie, les craintes des syndicalistes et des raffineurs qui ne voulaient pas que les bacs de l’ex-raffinerie Petroplus de Petit-Couronne servent de dépôt à usage commercial. Dans l’offre soumise au tribunal de commerce de Rouen, par ce dépollueur associé au stockeur de produits pétroliers Rubis Terminal est prévu que le dépôt qui serait créé ne servirait qu’au stockage de réserves stratégiques, pour le compte de l’Etat, à hauteur de 350.000 m3. «Rubis se contenterait d’utiliser ces bacs comme un dépôt aveugle, sans sortie ni sur le fleuve, ni sur la route, ni par le pipe relié au Havre qui ne sera pas conservé», assure Patrick Vertibo, président de Brownfields. Cette solution présenterait l’avantage de libérer un bord à quai accessible aux navires d’un tirant d’eau de 11 mètres et pouvant être utilisé par les nouvelles activités qui ont vocation à s’implanter sur le site.
Brownfields et Rubis qui est déjà présent à Grand-Quevilly, formeraient une société commune qui mettrait en œuvre un vaste projet de désamiantage, démolition et dépollution du site qui n’est plus aujourd’hui « compatible avec un usage industriel ». Le coût de ces travaux est estimé à 60 M€, soit sensiblement moins que les chiffres évoqués jusqu’à aujourd’hui (entre 80 et 200 M€). « Nous avons une chance énorme : la profondeur moyenne pour accéder à la nappe polluée par les hydrocarbures est de quatre mètres », souligne Patrick Vertibo. Les travaux qui s’étaleraient sur cinq ans nécessiteraient la manutention de quelque 1,2 million de m3 de terre et feraient travailler au cours de sa période de pointe (2014-16) quelque 180 salariés simultanément. Brownfields qui ne dispose pas d’équipes en propre ferait appel au tissu local d’entreprises spécialisées dans ces questions. La commercialisation des terrains se ferait au fur et à mesure de la dépollution afin de reconstituer le fonds de roulement de la société. Brownfields estime que le site pourrait accueillir, sur une centaine d’hectares, « tout type d’activités industrielle ou logistique » pour un total de 600 emplois espérés « à l’horizon 2017-18 ».
Les autres candidats associés également, Bolloré Energie et le dépollueur Valgo n’ont pas encore fait connaître le détail de leur projet. Les deux offres sont dorénavant dans les mains des juges du tribunal de commerce qui devraient rendre sa décision incessamment.