A Rouen, le Musée départemental des antiquités a transformé sa salle grecque

(fil-fax 26/04/14)

La salle grecque du Musée départemental des Antiquités de Rouen est de nouveau accessible après six mois de travaux. La nouvelle présentation des pièces sous vitrines a été totalement revue dans l’esprit d’un cabinet de curiosités de taille modeste au “look“ moderne et design. Dans cette salle Flavigny d’environ cinq mètres sur cinq, l’ambiance est aujourd’hui tamisée presque intimiste. La réfection est soignée. Elle est aussi étonnamment économe en argent public puisque l’ensemble n’aura pas coûté plus de 1.000 €. « Elle présente encore l’avantage de rendre visible une vingtaine d’objets de plus par rapport à l’ancienne configuration », explique Caroline Dorion-Peyronnet, directrice du musée et conservatrice des collections antiques. Certaines pièces, jusque-là en réserve, sont désormais visibles. C’est le cas pour ces petites tanagras ou statuettes en terre cuite, pour ce casque corinthien en bronze ou pour cette adorable série inédite de petites boîtes corinthiennes (pyxides et lékanides). Près de 70 œuvres sont ainsi le plus souvent montrées individuellement dans cette salle rénovée version coffret à bijoux. Malgré l’étroitesse des lieux, la circulation reste aisée et sans risque pour les objets. C’est rassurant pour la directrice qui se félicite des 28.000 visites annuelles « malgré l’éloignement relatif du musée du centre ville de Rouen ».

La mise en forme vient compléter le travail entrepris en 1837 par le directeur du musée de l’époque Achille Deville. Entre 1837 et 1845, il acquiert près de marchands parisiens et rouennais sept vases issus des fouilles du prince de Canino, frère de Napoléon. Il constitue en une dizaine d’années en conservateur avisé un fonds qui fera du musée des antiquités de Rouen « le plus fréquenté des musées de province ». Les successeurs ne partagèrent pas hélas le même goût pour les antiquités grecques et s’ensuivit « une timide politique d’achats et d’acquisitions », regrette la conservatrice. Au XIXème siècle, les vases étaient présentés dans une grande armoire au milieu de verres romains et médiévaux. L’exposition permanente n’est devenue effective qu’à partir de 2001.

Le manque de documents didactiques, qu’ils soient interactifs ou non, pénalise néanmoins l’ensemble. Les cartels sont définitivement abscons. Leur sens reste obscur pour le néophyte et ils ne disent rien des allégories ingénieuses ou des légendes héroïques et divines de la Grèce antique. Une unique fiche à disposition du public sur la restauration de l’une des pièces maîtresses de la collection rouennaise acquise en 1843, “la coupe de Nicosthénès“, vient néanmoins minimiser ce défaut.

L’entrée du Musée des Antiquités rue Beauvoisine, partenaire de l’opération « Printemps de Rouen », est gratuite jusqu’au dimanche 4 mai.Les prochaines visites commentées de la salle grecque auront lieu les dimanches 4 mai et 15 juin.

http://www.museedesantiquites.fr/

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