Le Poème harmonique prend “Dido and Aeneas“ sous son aile

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L’action du chef-d’œuvre lyrique du XVIIe siècle anglais Didon et Enée de Purcell se déroule à Carthage. La reine Didon aime en secret le jeune prince troyen Enée lorsque des puissances maléfiques entraînent nos héros vers un funeste et tragique destin. Cet opéra en trois actes d’une densité extrême est co-produit par l’Opéra de Rouen Haute-Normandie et par le Poème Harmonique en résidence qui effectue ici son retour sur scène à Rouen après Cadmus et Hermione en 2008. Son directeur musical Vincent Dumestre, en fin connaisseur des œuvres baroques méconnues, a « relevé le défi ». C’est qu’il lui aura fallu combler une partition incomplète. Si le livret de Nahum Tate est complet, il manque de fait à l’édifice une dizaine de pièces musicales dont un prologue. Excusez du peu. Le Poème Harmonique est ainsi allé puiser dans d’autres œuvres de Purcell pour finaliser à sa façon ce Didon. L’on aurait pu en rester là et se contenter de subtils copier-coller mais c’était sans compter sur l’exigence de l’érudit. « Je cherche toujours le plus grand rapport possible d’honnêteté avec le compositeur », aime-t-il préciser. Toujours avec un soin incontestable du détail qui a fait sa marque de fabrique. Dans la fosse d’orchestre, le clavecin est pour l’exemple remplacé par un “virginal“ aux sons d’époque « d’une rondeur en formes de bulles de champagne ». Avec une ouverture à la française, façon Lully, la partition devient « somptueuse et magnifique même si dans 30 ans l’on dira peut être que je me suis trompé », commente le directeur musical.

L’équilibre scénique repose sur celle de ses interprètes ; 25 musiciens, 8 danseurs acrobates et une vingtaine de choristes du chœur Accentus. Metteurs en scène issus des arts du cirque, Cécile Roussat et Julien Lubek ont choisi d’ajouter quelques danses et acrobaties à la musique« pour incarner les sentiments ». La mezzo-soprano Vivica Genaux qui en 2012 a incarné avec conviction une Carmen très contemporaine à Rouen a été choisie pour donner chair et sang au rôle titre de la reine Dido. Sa virtuosité dans l’interprétation du registre baroque n’est plus à démontrer. Mais elle a été aussi choisie « parce qu’elle est jolie » explique avec le sourire la coréalisatrice Cécile Roussat. « Elle incarne une femme guerrière et pas seulement une femme éplorée. C’est une conquérante qui va se laisser mettre à nu par l’amour », poursuit-elle. Une perspective pleine de promesses quand on connaît la scintillante féminité de la diva américaine. Le prometteur Henk Neven interprétera le rôle d’Aeneas. La direction musicale est confiée à Vincent Dumestre.

L’opéra en anglais sur titré sera diffusé en direct le 13 mai sur culturebox avant de rejoindre l’opéra royal du château de Versailles pour quatre représentations les 14 et 15 juin. Un DVD de l’opéra filmé à Rouen devrait être disponible au printemps 2015.

• “Dido and Aeneas“ à l’Opéra de Rouen (1h10 sans entracte). Tarifs Rouen de 5 à 65 €. Versailles de 35 à 140€. http://www.operaderouen.fr/

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