A Evreux, Guy Lefrand (UMP) n’épargne aucun projet de son prédécesseur

(fil-fax 14/05/14)

Six semaines après sa victoire, Guy Lefrand a pris la ville d’Evreux en main sans complètement quitter les habits de campagne. A peine installé à l’Hôtel de Ville dans le bureau qu’occupait le radical de gauche Michel Champredon, l’élu UMP a tenu la promesse faite aux riverains et aux commerçants de la rue du Docteur-Oursel : les couloirs de bus qui venaient d’être tracés en plein centre ville ont été restitués à la voiture particulière. « C’était une zone expérimentale. Ça ne fonctionnait pas, alors on a arrêté », justifie le nouveau maire. « Ce n’est peut-être qu’un ressenti, admet-il. Mais on arrive à ce constat : on n’aime plus les voitures ». A Evreux, les automobilistes ont depuis, perçu la bienveillance « intelligente » des policiers municipaux en matière de stationnement.

Alors que son prédécesseur avait accumulé les ébauches d’aménagements urbains, peinant à dégager des consensus, Guy Lefrand a surtout entrepris un peignage sans état d’âme des projets en cours : « Si tous les dossiers programmés voient le jour, on se retrouvera avec une dette de 120 M€ dans quatre ans ». Sonnée et divisée, la nouvelle opposition de gauche en est encore à encaisser. Ainsi le palais des sports qui devait remplacer la vénérable salle Jean-Fourré où évolue l’emblématique l’ALM Basket a été remis sine die. En revanche, la nouvelle équipe n’a pas pu stopper la construction de la SMAC (Scène de musiques actuelles), “vieux“ projet défendu par un plus lointain prédécesseur, Jean-Louis Debré (2001 – 2007) dont Guy Lefrand avait été l’adjoint. Pour mieux démontrer l’improvisation de ce chantier, le nouveau maire refuse de donner un chiffre. Onze, douze, quinze millions d’euros… « Tout n’a pas été prévu dans les appels d’offres. On a un étage entier de béton parce qu’on est en zone inondable. C’était trop tard  ». Faute de cahier des charges précis, il envisage d’autres activités et réfléchit à des possibilités de mutualisation avec la MJC, le conservatoire.

Autre casse-tête, les 23 ha et 170 pavillons de la cité Lafayette construite dans les années 50 pour loger les familles des soldats de l’ancienne base aérienne américaine devenue la BA 105. La transformation de ce quartier avait été présentée lors du premier concours national EcoQuartier dès 2008 mais il a traîné au gré de négociations avec l’Etat propriétaire. On y aurait construit 550 logements dont 450 sociaux. Une part trop importante, a tranché le maire UMP qui envisage un équilibre entre l’économique et le résidentiel.

Une fois dressée la liste des dossiers à reprendre, Guy Lefrand retourne vers « l’urgence » du centre ville d’Evreux « qui se meurt » et ses boutiques qui ferment. Quarante jours après son élection, il est presque rassuré et s’enthousiasme du « déclic » qu’a provoqué son élection. « Ça bouge dans la ville et à l’extérieur » et aujourd’hui, des investisseurs le contactent. Alors « il faut en profiter, capitaliser ».

Une des prochaines échéances à boucler pour la fin de l’année sera l’inscription dans la prochaine programmation Etat – Région du Grand Evreux agglomération dont il a pris la présidence. « Tout sera basé sur l’innovation, dans un esprit cluster », imagine Guy Lefrand qui a déjà en tête de créer une agence de l’innovation « pour récupérer des fonds européens ». Avec une autre idée en arrière-plan : redéfinir un périmètre économique « cohérent » dans l’Eure avec Evreux, Vernon, Louviers. Tout simplement, les trois plus “grosses“ communes de l’Eure qui ont basculé à droite en mars dernier.

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