La SNCF et RFF doivent convaincre des voyageurs souvent incrédules

(fil-fax 22/05/14)

Les habitués du Rouen – Paris ne constatent actuellement qu’un simple ralentissement à hauteur de Saint-Pierre du Vauvray, entre Val-de-Reuil et Gaillon. Parfois exaspérés par les incidents pas toujours expliqués qui provoquent des retards, ils sont soulagés de sentir le convoi reprendre quelques minutes plus tard sa vitesse habituelle. Le phénomène va durer deux mois et demi. Il n’y a ni incident récurrent, ni détérioration de la voie. Simplement un chantier de régénération des caténaires sur 14 km dans le sens Rouen – Paris. Le train ralentit dans la journée, mais il n’en circule plus aucun la nuit lorsque les opérateurs et techniciens du service Infra de la SNCF travaillent au remplacement des supports des câbles caténaires qui datent de l’électrification de la ligne en… 1966. Le chantier avance à raison de six supports chaque nuit, de 23h à 4h30 du matin, du lundi au vendredi, soit quelque 280 poteaux pour les 14 km.

Ce chantier est un des onze qui jalonnent et jalonneront la ligne Paris – Le Havre pour « rattraper le retard accumulé », admet Pierre Izard, directeur SNCF Infra au niveau national au cours d’une visite du chantier de Saint-Pierre du Vauvray, en pleine nuit. Un déplacement qui a un double objet : à la fois démontrer sur le terrain la détermination de la SNCF et de RFF de remettre le réseau à niveau et aussi d’apporter un soutien aux agents dont le travail est ignoré du grand public.

Avec mille chantiers par an à l’échelon national, « notre ambition est de stopper le vieillissement du réseau après 25 ans de sous-investissement », reconnaît Pierre Izard. Un aveu sur lequel avait rebondi le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier en octobre 2012, en demandant une nouvelle politique ferroviaire. « Là où on ne faisait que un milliard d’€ de travaux en 2008, on en fait maintenant 2,5 Md€ sur la période 2013 – 2020 », explique Pierre Izard. Tous les composants des lignes sont concernés : remplacements de rails, ballast, ponts, signalisation, suppression de passages à niveau prioritaires. Sur le réseau normand, ce sont 100 M€ qui sont investis chaque année, assurent de leur côté les directeurs régionaux de la SNCF, Roland Bonnepart, et de RFF, Emmanuel Manier. En 2014, sont prévus, outre le chantier de Saint-Pierre du Vauvray, des renouvellements de ballast à Paris – Saint-Lazare, à Sartrouville, à Mantes la Jolie, le confortement de 600 mètres du tunnel de Rolleboise (entre Rosny et Bonnières) qui vient de démarrer pour une période d’un an…

Malheureusement ces chantiers ont un impact négatif sur la vitesse, les horaires et la régularité qu’ils sont censés améliorer. A la SNCF, on est décidé à mettre le paquet pour mieux informer les voyageurs, incrédules, sur l’origine de ces inconvénients : « C’est la promesse de dire aux clients “vous serez informés, vous trouverez une personne pour vous informer“. Nous voulons les gêner le moins possible », assure Roland Bonnepart, directeur régional SNCF. Des points d’information “Rencontrons-nous“ sont ouverts ponctuellement dans toutes les gares, 11.000 sms et 3.000 mails ont été envoyés aux abonnés ! Reste à gérer les impatiences.

Quais de gare : en Basse-Normandie c’est fait

En Basse-Normandie, les quais pourront accueillir les nouvelles rames Régiolis de la ligne Paris-Granville, a rassuré mercredi le président du conseil régional de Basse-Normandie, Laurent Beauvais, en réaction à l’information donnée par Le Canard Enchaîné sur un problème de gabarit des quais qui ne permettra pas, en l’état, d’accueillir le nouveau matériel ferroviaire Régiolis dans de nombreuses gares en France.

Si le secrétaire d’Etat chargé des Transports n’apprécie pas ce qui est présenté comme un manque de communication entre la SNCF et RFF, Laurent Beauvais signale que la mise aux normes des quais avait été anticipée et a été réalisée, et financée en totalité par RFF, à hauteur de 260.000 € pour le réseau bas-normand.

La Haute-Normandie touchera ses premiers Regiolis en 2015. Le problème ne semble pas inquiéter Emmanuel Manier, directeur régional de RFF : « Nous rencontrons ce type de difficulté avec chaque nouveau matériel. Et nous reconstruisons sans cesse des quais de gare dont les caractéristiques sont très hétérogènes ». Et de rappeler que l’adaptation coûtera 80 M€ pour la France sur un montant annuel de travaux de 2,5 milliards d’€.

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