La Finta Giardiniera : Un Mozart initiatique pour clore la saison à l’Opéra de Rouen 

(fil-fax 05/06/14)

Avec l’opéra en 3 actes de Mozart rarement présenté en France La Finta Giardiniera (La Fausse Jardinière), l’Opéra de Rouen Haute-Normandie conclut sa saison lyrique. Coproduit avec le Festival d’Aix-en-Provence, ce spectacle a été donné en 2012 en plein air au Domaine du Grand Saint-Jean. Il est monté à Rouen dans une version en intérieur mise en scène par Valérie Nègre. La direction musicale est confiée au jeune chef d’orchestre allemand et claveciniste Andreas Spering. Cet opéra se situe « à la charnière entre les œuvres de jeunesse et celles de la maturité ». Il réunira un orchestre de 40 musiciens, « une formation idéale pour jouer Mozart et qui connaît bien ce répertoire », selon Frédéric Roels directeur général de l’Opéra.

L’opéra dépeint les pérégrinations sentimentales et parfois torturées de trois femmes. Dans ce labyrinthique assemblage d’amours contrariés, elles ont cette commune volonté de vouloir s’émanciper. Dans ce conte initiatique elles rêvent de liberté et de séductions affranchies des barrières sociales. Une bourgeoise brûle de s’acheter un noble. « Le comte Belphiore c’est un peu son Audi A4 », s’amuse Valérie Nègre. Une jardinière aime son patron tandis qu’une marquise se réfugie dans la folie pour renoncer, au moins temporairement, à l’amour éperdu d’un comte. Finalement dans ce conte initiatique porté en 1775 par un fougueux Mozart à peine âgé de 19 ans, les conventions reprendront petit à petit le dessus. Au grand dam des esprits prérévolutionnaires. Il n’y a rien d’étonnant à cela pourtant puisque La Finta Giardiniera répondait à une commande de la cour de Munich.

Sur scène apparaitront plusieurs « chanteurs émergents » auxquels tient beaucoup Frédéric Roels comme Olivia Doray et Julie Robard-Gendre dans le rôle de Don Ramiro. La soprano Olivia Doray dans le rôle titre de Sandrina a fait ses débuts en 2010 sur la scène de l’Opéra de Paris. Un an plus tard elle interprétait sa première Pamina dans la Flûte enchantée à l’Opéra de Rouen. Andreas Spering, par ailleurs directeur artistique des concerts au château de Brühl (Allemagne) et de l’ensemble Capella Augustina, a élagué avec assurance les récitatifs et les répétitions pour ramener l’opéra à 2h40 (entracte compris) contre 4 heures dans sa version originale.

• Cinq représentations du 4 au 12 juin. Celle du 8 juin sera en audiodescription et celle du 10 sera diffusée en direct sur Radio Classique. Livret en italien, spectacle sous-titré. Réservations sur http://www.operaderouen.fr/

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