Les deux Normandie disent « oui » au mariage de raison proposé par François Hollande

(fil-fax 04/06/14)

Dans la vision « hollandaise » de la carte de France des régions présentée lundi soir, les deux Normandie ne font plus qu’une. Le Président de la République a écarté l’hypothèse d’une union étendue à la Picardie voire au Nord-Pas-de-Calais portée respectivement par le président de la Haute-Normandie Nicolas Mayer-Rossignol et par le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius. Le choix présidentiel correspond aux vœux de la plupart des partis politiques, des milieux économiques et des géographes universitaires, dans les deux régions. Il a été immédiatement accepté par les deux présidents de région, avec un enthousiasme mesuré mais sans restrictions. «Très rapidement, nous allons travailler à la préparation de cette fusion dans les meilleures conditions en nous appuyant notamment sur nos coopérations », ont-ils déclaré dans un communiqué commun. Les deux élus demandent toutefois au gouvernement d’abonder la corbeille de mariage d’un « engagement fort » sur les grands projets structurants pour la Normandie, en particulier le développement de la vallée de la Seine.

Cette carte qui dessine une France à 14 régions contre 22 aujourd’hui devra toutefois subir l’épreuve du débat parlementaire à un moment où l’exécutif n’est pas au mieux de sa forme. Si la question de la fusion des deux Normandie n’est plus épineuse, d’autres choix surprenants ne manqueront pas de faire débat comme le maintien en l’état de la Bretagne, des Pays de la Loire et du Nord-Pas-de-Calais ou la fusion de la Picardie et de la Champagne et la création d’une vaste région Centre-Limousin-Poitou-Charentes. Quelque soit l’issue de ces discussions sur leurs limites, les nouvelles régions dont les assemblées compteront moins d’élus se verront dotées « de moyens financiers propres et dynamiques », sans autres précisions. Avec la suppression de la clause de compétence générale, elles auront seules la responsabilité de la formation, de l’emploi, de l’économie, des transports et des infrastructures sur leur territoire.

Dans son communiqué, le président a confirmé le maintien de la commune « petite république dans la grande » alors que l’intercommunalité dont le seuil minimum de population sera porté de 5.000 à 20.000 habitants deviendra « la structure de proximité ». Quant au conseil général, sa suppression est annoncée pour 2020 date à laquelle ses compétences seront transférées aux régions et aux intercommunalités. Le département sera maintenu comme « circonscription de référence pour l’Etat », celui-ci devant toutefois « renoncer à exercer les compétences reconnues aux collectivités ».

Le président a précisé qu’il voulait « aller vite » dans la mise en œuvre de cette réforme territoriale sans précédent, sans doute pour conjurer le réveil des intérêts particuliers et la cristallisation d’une coalition des conservateurs de tous bords. Les élections régionales et départementales auront ainsi lieu à l’automne 2015, six mois après la date prévue, mais dans le cadre des nouvelles limites territoriales. C’est dire qu’il reste un an pour organiser la fusion des régions…

Les réactions

Nicolas Mayer-Rossignol président PS de la Haute-Normandie

« Je prend acte de cette décision. Nous allons la mettre en œuvre avec le souci d’améliorer l’action publique, de conforter les services publics de proximité et de ne pas augmenter la fiscalité locale (…) Une fois de plus c’est la gauche qui montre la voie (…) Mais ma préoccupation première ce n’est pas le découpage mais le chômage ».

Françoise Guégot député UMP de Seine-Maritime

« Si dans le principe, j’approuve la constitution de nouvelles entités plus fortes et mieux visibles à l’échelle européenne, je m’étonne comme beaucoup que cette carte ne soit pas issue d’une concertation. »

Groupe FG au conseil régional de Haute-Normandie

« Les conseillers régionaux haut-normands du Front de Gauche ont toujours été favorables au développement de coopérations entre les régions et ne sont pas défavorables, a priori, à la fusion des deux régions normandes. Mais celle-ci doit s’envisager autour d’un projet de territoire partagé, visant la relance de la croissance et de l’emplo».

Dominique Gambier maire PS de Déville-lès-Rouen

« L’essentiel ne tient pas dans les limites mais dans les compétences et les moyens pour les exercer ; les limites ne sont que la conséquence du contenu de l’action publique que l’on veut mettre en place; la comparaison avec les autres régions en Europe montre clairement que la petite « taille  » des régions françaises ne tient pas dans leur étendue, mais dans leurs compétences et leurs moyens financiers. »

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