L’association French Lines cherche fonds désespérément

(fil-fax 14/06/14)

« Si nous ne trouvons pas 75 000 € d’ici quelques mois, le déménagement ne se fera pas. » Le ton est donné. Eric Giuily président de French Lines, veut mobiliser. Ce 13 juin, c’est la dernière fois que l’association tient son assemblée générale dans les lieux vétustes mais historiques de la Transat, quai Joannès Couvert, au Havre : elle devra rendre les locaux au port pour laisser la place, d’ici fin 2014, à Areva qui y construira des éoliennes off shore. Mais le déménagement des archives de 150 ans d’histoire des compagnies maritimes françaises – CGM, SNCM, Compagnie Générale Transatlantique, Compagnie des Messageries Maritimes…- devrait coûter au total 600 000 €. Alors French Lines organise fin juin une grande vente de pièces originales et lance un appel au bénévolat.

« C’est le déménagement d’un musée mais aussi d’un service d’archives », explique Clémence Ducroix, secrétaire générale. Les chiffres sont impressionnants : il s’agit de pas moins de 5 km linéaires d’archives historiques, de près de 80.000 phototypes, 300 films, 32.000 objets dont des pièces d’orfèvrerie, mobiliers, plus de 300 maquettes de bateaux… Depuis sa création, en 1995, l’association (10 salariés et une cinquantaine de bénévoles) conserve, classe, restaure, numérise, expose et accueille des chercheurs. Mais avec un budget annuel d’environ 400.000 €, dont 50% des recettes liées à ses activités (prestations de services, versement de droits, expositions, ventes d’objets), le reste aux cotisations, dons et subventions, difficile de financer l’opération. « La Ville du Havre soutient son patrimoine maritime et l’aide apportée témoigne de son engagement », apprécie Eric Giuily, mais elle ne peut pas tout faire. » Une subvention exceptionnelle de 425.000 € est allouée en 2014, 3 M€ sont consacrés à la rénovation des futurs locaux de 2.500 m2, quartier Sud, dans d’anciens ateliers municipaux (rue Louis Richard, près du boulevard de Graville), mis à la disposition de l’association. Certes, ministères, Région de Haute-Normandie, SNCM subventionnent (le département de Seine-Maritime a cessé en 2013), Areva (40.000 € en 2013), mais la compagnie maritime CGM-CMA ne donne que… 1.000 € par an.

Alors l’association met en place un nouveau plan d’actions : vente dans ses locaux les 27 et 28 juin d’objets «aliénables» (pièces originales figurant à de multiples exemplaires et produits dérivés tels qu’affiches, menus, cartes postales, médailles…) et lancement fin 2014 d’une plate-forme e-commerce avec boutique en ligne. Le 5 juillet, le festival Terres d’eaux organise un dîner de gala « French Lines » dans le décor de la Gare maritime. En perspectives, le développement des licences de marques historiques, proposées à des marques de luxe et des enseignes de grande distribution.

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