Politique de la ville : 24 communes seront aidées en Haute-Normandie

(fil-fax 18/06/14)

En Haute-Normandie, la carte de la politique de la ville sort profondément remaniée de l’inflexion que vient de donner le gouvernement dans ce domaine. Treize des 35 communes jusqu’alors éligibles, pour un ou plusieurs de leurs quartiers, disparaissent de la liste. A l’inverse deux font leur entrée : Barentin et Saint-Germain-village, dans la banlieue de Pont-Audemer. Au total 24 communes sont désormais concernées. La majorité d’entre-elles (13) appartiennent à Rouen Métropole.

Cette nouvelle politique, présentée ce mardi par la ministre de la ville Najat Vallaud Belkacem est fondée sur un unique paramètre : la pauvreté. « C’est sur le critère unique de la faiblesse du revenu des habitants que sont, avec cette nouvelle carte, identifiées toutes les concentrations urbaines de pauvreté à travers le territoire », précise la ministre. Cette carte se substitue à tous les dispositifs qui s’étaient empilés au fil du temps tels que ZFU, ZRU, CUCS ou encore ZUS au point de former un monstre administratif hétéroclite et incompréhensible même pour les initiés. Avec ce critère « unique, lisible et transparent », au total, 1.300 quartiers seront aidés en France contre 2.500 auparavant. Le gouvernement aurait aimé aller au-delà, vers les 500, mais les élus locaux ont beaucoup œuvré pour qu’il limite ses ambitions. Il a du aussi promettre d’être souple sur les contours de ces quartiers et d’organiser « une veille active » pour les villes sortantes qui pourront solliciter des aides « en cas de difficultés particulières non repérées par la méthode des revenus ».

Cette politique se traduira par des contrats de ville dont la préparation doit être lancée dans les prochains jours pour être opérationnels début 2015. Ils comporteront, pour l’essentiel, un volet renouvellement urbain et un volet économique. Le premier bénéficiera d’’investissements à hauteur de 20 millions d’euros à partir de quelque cinq milliards d’euros déjà inscrits dans les budgets d’ici à 2017. Le second s’appuyera sur 600 millions d’euros d’investissements pour créer des emplois. L’objectif dans ce domaine est de réduire, d’ici cinq ans, de moitié l’écart entre le taux de chômage du pays et celui des quartiers populaires qui est actuellement de 18 points.

Cette nouvelle politique répond en partie aux interrogations de la Cour des comptes qui dans un rapport datant de 2012 notait que l’écart de développement entre les quartiers concernés et les territoires environnants ne s’était pas « réduit » malgré les actions engagées. La cour pointait en particulier la « dilution des interventions sur un nombre beaucoup trop important de quartiers », « des défauts de gouvernance », « une répartition inadéquate des crédits » et « une trop faible mobilisation des politiques publiques de droit commun ». Ces remarques portaient sur la période 2003-12 mais peuvent tout aussi bien s’appliquer aux quarante années d’efforts dans ce domaine qui ont beaucoup coûté pour des résultats modestes.

Les communes toujours éligibles

• Seine-Maritime : Dieppe, Le Havre, Gonfreville-l’Orcher, Saint-Etienne-du-Rouvray, Grand-Couronne, Oissel, Elbeuf, Sotteville-lès-Rouen, Canteleu, Notre-Dame-de-Bondeville, Rouen, Cléon, Darnétal, Maromme, Le Petit-Quevilly, Fécamp et Barentin qui fait son entrée.

• Eure : Vernon, Evreux, Louviers, Val-de-Reuil, Bernay, Pont-Audemer

Les communes nouvellement éligibles

• Seine-Maritime : Barentin

• Eure : Saint-Germain-Village

Les communes qui sortent des dispositifs

• Seine-Maritime : Harfleur, Montivilliers, Amfreville-la-Mi-Voie, Caudebec-lès-Elbeuf, Déville-lès-Rouen, Le Grand-Quevilly, Saint-Aubin-lès-Elbeuf, Yvetot.

• Eure : Le Manoir, Pîtres, Pont-de-l’Arche, Les Andelys, Gisors

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