La première décision du conseil municipal, ce jeudi 26 juin 2014, aura été de «déclarer la ville de Saint-Étienne-du-Rouvray en zone hors Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement». En effet, depuis juin 2013, la Commission européenne négocie avec les États-Unis le Transatlantic Free Trade Area (Tafta), en vue d'un accord de libre échange qui «menace de démanteler, précise le maire Hubert Wulfranc, l'ensemble des règles tarifaires, réglementaires et environnementales qui protègent les salariés et les consommateurs européens».
Cette décision dénonce notamment la volonté des négociateurs de cacher les débats aux citoyens et de mettre en place, en matière de commerce, «des tribunaux arbitraux qui pourraient remettre en question les décisions démocratiques des peuples», les intérêts particuliers des grands groupes économiques passeraient alors «avant l'intérêt général», a estimé Pascal Langlois, élu «Droits de cité, mouvement Ensemble».
Daniel Vezie, au nom du groupe «Élus communistes et républicains» a quant à lui pris la parole pour qualifier les résultats des élections de mars et mai derniers de «désaveu cinglant de la politique menée par le président de la République et ses gouvernements depuis deux ans». Cette politique de «socialisme de l’offre», a insisté l'orateur, «a peu de choses à envier aux politiques économiques libérales menées un peu partout en Europe par les gouvernements conservateurs». Elle ferait en outre «courir de graves dangers au pays et à la démocratie» en installant l'abstention «structurelle» et un «recours au Front national». Soutenant au passage la «lutte exemplaire des cheminots contre le projet de réforme ferroviaire qui poursuit le processus de privatisation des activités ferroviaires et ce, dans un contexte de désinformation et de déchaînement médiatique», ainsi que celle des intermittents du spectacle et des agents hospitaliers, le groupe communiste a proposé de «construire et de mettre en mouvement un front large, un front du peuple, unissant forces sociales et syndicales autour d’un projet qui doit être celui du bien commun et de l’humain d’abord».
Le conseil a enchaîné sur le vote de décisions relatives aux finances communales, parmi lesquelles deux garanties d'emprunt aux montants respectifs de 1.058.000€ et 241.000€ contractés par Le Foyer Stéphanais pour la réhabilitation de 214 logements au total sur les immeubles Rubis, Saphir et Émeraude et les tours Aubisque et Tourmalet.
Concernant le vote de plusieurs autorisations de recrutement d'agents contractuels, le groupe «Élus socialistes et républicains» s'est abstenu, protestant ainsi contre l'embauche d'un adjoint au responsable du conservatoire. Les élus PS, par la voix de David Fontaine, ont déploré une «communication interne modifiée» au sein du conservatoire et des horaires qui seraient devenus un «problème pour bon nombre de Stéphanais». Noura Hamiche, pour le groupe «Élus vraiment à gauche, soutenus par le NPA» a pour sa part voté contre cette embauche, arguant que le conservatoire avait davantage besoin d'un gardien pour ouvrir et fermer les salles le soir. Le maire, Hubert Wulfranc, a justifié cette embauche comme étant nécessaire pour assumer la charge administrative. Michelle Ernis (Droits de cité) a demandé un «point d'étape» pour le conseil municipal de fin d'année, soulignant que ces «modifications» allaient dans le bon sens, et que le fait de privilégier les enfants plutôt que l'enseignement des adultes lui semblait «correct».
Un autre vote contre est ensuite intervenu au sein même du groupe Communiste lors du vote de l'examen d'une subvention exceptionnelle de 1.000€ pour un mémorial départemental «Algérie Maroc Tunisie 1952-1962». Michel Rodriguez, huitième adjoint au maire, a ainsi voulu, bien que rappelant son respect pour tous les morts de ces guerres, marquer qu'il aurait préféré que cet argent serve à un «travail d'histoire qui reste à faire sur la guerre d'Algérie» et aille à la création d'un «lieu de ressources pour les jeunes générations». Le maire a pour sa part souhaité rappeler que le bénéficiaire de cette subvention, la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie (Fnaca) a toujours été dans ses statuts et ses orientations, «progressiste» de même que très attachée «à l'amitié entre les peuples et au devoir de mémoire».
À l'issue du vote, le maire a fait une pause en lisant un texte écrit par les gens du voyage sédentarisés du «terrain aux graviers» de la rue Couronne prolongée, qui ont bénéficié d'un accompagnement au logement par les services de la Ville.
Un élu du groupe communiste, Pascal Le Cousin, a ensuite apostrophé le groupe socialiste, lors du vote d'une subvention de 120 € à l'Association pour la promotion des réseaux interprofessionnels et des entreprises (Aprie), sur les 25.000 chômeurs supplémentaires recensés ce mois-ci. «L'équivalent d'une ville comme Saint-Étienne-du-Rouvray, a-t-il précisé, ce chiffre met en relief le peu de cas que fait le gouvernement de réunir les conditions d'une véritable politique de gauche». David Fontaine, au nom du groupe PS, a répondu en affirmant que son groupe était «socialiste et non pas socio-démocrate», contrairement au gouvernement actuel. Un échange vif a ensuite opposé le maire et le groupe socialiste, Hubert Wulfranc appelant à nouveau à un changement de politique gouvernementale car, a-t-il dit, «à la prochaine élection présidentielle, la situation risque d'être tragique». Nicole Auvray, du groupe communiste, a interpellé les élus socialistes, leur demandant d'avoir «le courage de quitter le PS et d'aller vraiment vers ceux qui font une politique de gauche».