(fil-fax 25/06/14)
Le président socialiste du conseil général, Nicolas Rouly, a invité mardi, les présidents des quatre groupes politiques de l’assemblée (PS, PCF, DVG et UMP-UDI-DVD) à cosigner une lettre au gouvernement et aux parlementaires, en faveur du maintien du département dans la réforme territoriale qui sera débattue. Elle serait accompagnée d’une « diffusion la plus large » des interventions qui ont marqué la séance ordinaire du conseil général. « Nous ne gommerons pas les différences », a rassuré l’assemblée au terme d’un débat où les expressions ont divergé dans la convergence.
Si l’on savait que l’opposition de droite, ainsi que les communistes et les élus divers gauche du groupe Démocratie et liberté, ont toujours manifesté leur attachement à une collectivité départementale « indispensable » pour les politiques de proximité, les socialistes ont nettement basculé dans le camp des “départementalistes“.
Dans les rangs du PS, la conseillère générale de Caudebec-les-Elbeuf, Nadia Mezrar, a été claire devant ses collègues : « Cette réforme soulève beaucoup d’interrogations. Nicolas Rouly n’a pas été élu pour acter la disparition des départements ». Le communiste Sébastien Jumel ne s’interroge pas. Il est convaincu qu’une disparition du département mettra un terme aux politiques sociales de proximité au seul profit de territoires d’excellence que seront les métropoles. Le maire de Dieppe s’inquiète par exemple, d’une possible incapacité à financer le lien Transmanche avec Newhaven. Même tonalité chez son collègue divers gauche, Jean-François Meyer.
A droite, l’argument des économies tirées d’une simplification administrative ne tient pas. « Elles ne feront pas disparaître les dépenses liées aux services et prestations aux habitants, prévoit Pascal Martin, président du groupe Alternance-76. Il faudra toujours payer le RSA, l’APA ou la PCH ». Sur le fonds de la réforme, la droite du conseil général brandit également le fameux « lien de proximité avec le citoyen » qu’apporte le « pôle département – intercommunalité – commune ».
Cette convergence avec tous les groupes au conseil général, y compris socialiste, disparaît lorsqu’il s’agit de la forme d’une réforme construite dans la précipitation, sans concertation avec les élus et donne le sentiment d’un grand amateurisme ».
Pour Nicolas Rouly, il y a « deux non et deux oui », le « non à la disparition de la collectivité départementale » et le « non à un siphonage des compétences du département dans une logique de “liquidation avant fermeture“ ». Les “oui“ de M. Rouly sont pour « la consolidation de la compétence centrale que sont les solidarités » et pour « l’articulation du travail entre les collectivités ».
Les présidents des groupes sont donc conviés à une réunion dans la semaine « pour mettre au point l’expression convergente », espère M. Rouly. A droite, « on ira ». Est-ce qu’on signera un texte commun ? Ce pas n’est pas franchi.