Pour Nicolas Mayer-Rossignol, la question des compétences des régions l’emporte sur celle de leur périmètre

(fil-fax 24/06/14)

Le débat sur la réforme de la carte territoriale s’est invité en toute logique lors de la séance plénière du conseil régional de Haute-Normandie, lundi 23 juin, la première réunion depuis les annonces du Président de la République. Le regroupement annoncé des deux régions de Normandie a été le point de convergence des interventions des groupes politiques lors du débat d’ouverture consacré aux politiques régionales. L’opposition de droite soutient le principe d’une fusion des deux Normandie mais s’est acharnée à fustiger une réforme « mal préparée », alors que le Front de gauche a dénoncé un projet taillé pour « se mettre en adéquation avec les dogmes européens libéraux ». Les écologistes d’EELV l’appuient mais en « choisissant le mouvement » même s’ils contestent « la méthode employée » pour impulser cette réforme.

Si la fusion des deux régions normandes ne fait plus aucun doute – à la condition toutefois que la réforme soit votée -, il reste que la recherche d’un élargissement à la Picardie et pourquoi pas au Nord – Pas-de-Calais, n’est pas totalement exclue. La réponse viendra lors du débat parlementaire de l’été.

Dans le fauteuil de président de la Haute-Normandie, Nicolas Mayer-Rossignol qui défend un agrandissement vers la Picardie, persiste toutefois à ne pas faire de l’élargissement, la priorité. « La question du périmètre des Régions, particulièrement en Normandie (…) n’est certes pas secondaire, mais est-il pour autant premier ? » s’interroge le président de la Haute-Normandie pour qui « le premier sujet, c’est celui des compétences ». Et d’enfoncer le clou en assurant que si « les régions françaises sont aujourd’hui trop petites, c’est d’abord par leur manque de compétences et de moyens plutôt que par leur taille démographique ou géographique ».

Le chef de file de la droite, l’UMP Bruno Le Maire, quoique favorable à l’union des régions normandes, a trouvé une occasion de ferrailler avec les socialistes qui ont, a-t-il lancé « un sacré culot pour présenter comme une avancée ce qu’ils refusent depuis 10 ans ». L’analyse de M. Le Maire c’est que la fusion « signe la fin de la Fabiusie. On ne s’en plaindra pas », a-t-il persisté en ironisant sur la « défaite » d’un Laurent Fabius qui s’est fait « imposer » la réunification par François Hollande.

Quoi qu’il en soit, Bruno Le Maire a annoncé qu’il ne votera pas le texte de la réforme depuis son siège de député de l’Eure. Il aurait fallu, a-t-il expliqué, régler tout « d’un coup d’un seul », notamment par la fusion des régions avec les départements.

Une position qui a attiré le commentaire de Nicolas Mayer-Rossignol : « Vous prenez systématiquement la position inverse du gouvernement même si elle répond à des principes que vous défendez ».

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