Une soixantaine de personnes étaient réunies hier à 18 heures à l'angle des rues Jean-Jaurès et de la République, à Saint-Étienne-du-Rouvray, pour commémorer le centenaire de l'assassinat de Jean Jaurès. Étaient principalement présents des élus, militants, sympathisants communistes, et quelques personnes du voisinage.
Josiane Romero, journaliste et ancienne élue stéphanaise, Pascal Le Cousin, conseiller municipal et Joachim Moyse, premier adjoint, ont rendu hommage au dirigeant socialiste en lisant plusieurs extraits de ses discours, professions de foi électorales et de l'éditorial paru dans le premier numéro de l'Humanité, journal dont Jaurès fut le fondateur en avril 1904, et directeur jusqu'à sa mort.
Les élus ont notamment évoqué les combats de l'homme politique. Ils ont cité son action pour les réformes sociales et la paix, son soutien, à sa création en 1913, à l'impôt sur le revenu, « progressif et global », son engagement total pour les services publics et la classe ouvrière, ainsi que ses appels pour « abaisser à 60 ans l’entrée en jouissance de la retraite pour l’ensemble des salariés [et] de l’abaisser au dessous de 60 ans pour les salariés des industries particulièrement insalubres ou épuisantes », toutes choses demeurant, un siècle plus tard, ont-ils ajouté, d'une brûlante actualité.
Joachim Moyse s'est alors adressé « à ceux qui usurpent le nom de Jaurès », ainsi qu'au Président et au premier ministre qui « n’en font pas leur principale référence, lui préférant Clémenceau mais le Clémenceau de la répression antisociale et du jusqu’au boutisme guerrier », les accusant d'accepter « les pires reculs au nom du réalisme et de l’impuissance politique ».
L'élu a terminé son discours en rappelant qu'au moment où les mots de socialisme et de gauche « deviennent des gros mots, a-t-il dit, il faut les répéter sans relâche. »
Nicole, une ancienne riveraine de la rue Jaurès, revenue pour l'occasion, a pour sa part rendu hommage au grand homme en ces termes : « Il s'est battu pour que le capitalisme n'ait pas tous les droits ».
Jean Jaurès a été assassiné la veille de la mobilisation générale, le 31 juillet 1914, au café du Croissant, à Paris, à deux pas du siège du journal L'Humanité. Son assassin, Raoul Villain, fut immédiatement arrêté, mais, malgré les promesses du président du Conseil René Viviani (« L'assassin a été arrêté, écrivait-il dans un manifeste publié le lendemain dans la presse, il sera châtié »), il sera acquitté en 1919 après avoir été emprisonné pendant toute la guerre, échappant ainsi au massacre général…