Nomination de Najat Vallaud-Belkacem

26 août 2014
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Ma réaction à la nomination de Najat Vallaud-Belkacem au ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Les remaniements sont synonymes de promotion pour Najat Vallaud-Belkacem depuis le début de ce quinquennat. Le ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche aura à sa tête, nous le savons depuis hier soir, Najat Vallaud-Belkacem, en remplacement de Benoît Hamon.

J’adresse avant tout à Mme Vallaud-Belkacem de mes félicitations républicaines et souhaite bien évidemment qu’elle réussisse la lourde mission de réformer en profondeur notre système éducatif, pour qu’il soit enfin plus juste et plus efficace, au service de l’intérêt et de la réussite de nos enfants.

Et je l’appelle à s’y atteler avec urgence : la situation est grave et nécessite des réponses sans attente. Benoît Hamon est, depuis 1968, le premier ministre de l’Education nationale qui ne fera pas la rentrée scolaire: son départ précipité soulève de lourdes questions chez les acteurs du monde éducatif.

La France a connu trois ministres de l’Education nationale en moins de deux ans et demi, alors même que l’éducation a été érigée en priorité par le chef de l’Etat.
Or,  ce ministère nécessite constance et durée. Avec cet énième remaniement, les acteurs intéressés sont perdus : quelle visibilité à moyen et long termes? Quelle orientation politique ?.

Des chantiers sont en effet en cours, sur lesquels la question de la continuité se posera. C’est le cas de la  mise en oeuvre de la réforme des rythmes scolaires qui suscitent toujours autant d’inquiétudes chez les élus locaux, les  acteurs de l’éducation et les parents.

Une réforme aux contours flous, que je n’ai cessé de dénoncer, et dont la faisabilité du projet en l’état est plus qu’incertaine, alors que les collectivités territoriales sont déjà prises à la gorge par la baisse annoncée des dotations de l'Etat :  Que se passera-t-il lorsque l'aide exceptionnelle promise pour 2013 disparaîtra ? Sous quelle responsabilité seront placés les enfants entre 15h30 et 16h30 ? Aura-t-on partout en ville comme en milieu rural, les moyens de recruter des personnels qualifiés pour les activités culturelles ou sportives annoncées ? Le risque de creuser des inégalités entre les territoires n’a jamais été aussi fort, un risque aggravé par cette instabilité gouvernementale.

Par ailleurs, la rédaction des nouveaux programmes de l’école primaire et de la définition du socle commun de compétences, de connaissances et de culture sont toujours des dossiers en attente. Le président du Conseil supérieur des programmes, qui avait démissionné en juin, n’est toujours pas remplacé.Quels seront les choix de Mme Vallaud-Belkacem sur ces questions majeures?

La rénovation du collège est un autre dossier fondamental, tout comme la poursuite de la mise en œuvre de l’éducation prioritaire, avec la mise sur pied d’une nouvelle carte des zones sensibles en matière d’éducation.

Se pose également la question de savoir ce que va être la ligne budgétaire de Mme Vallaud-Belkacem. QUID de la création de 60.000 nouveaux postes décidée par Benoit Hamon?

Enfin, concernant feu les « ABCD de l’égalité », faits en coproduction avec Vincent Peillon, prédécesseur de Monsieur Hamon, quand elle était encore Ministre aux Droits des Femmes, la nouvelle ministre entend-t-elle les remettre à l’ordre du jour, alors qu’une majeure partie de la communauté éducative et des parents d’élèves s’y sont opposés?

Toutes ces questions nécessitent des réponses claires et rapides de la part de Mme Vallaud-Belkacem, qui doit également montrer que, contrairement à ses précédesseurs, elle entend promouvoir le dialogue et la décision concertée auprès des élus locaux et de la communauté éducative, dans le respect des missions du Parlement.

 

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