Il faut craindre de plus en plus de devoir penser que la méthode de fusionner des régions sans les démembrer ne marche que pour la Normandie ! On accorde l’intégrité géo-historique à la Normandie mais le Gouvernement la refuse à la Bretagne et à l’Alsace. Situation intenable !
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L’Alsace veut faire collectivité à part
STRASBOURG (Reuters) – Opposés à une fusion de leur région avec la Lorraine et Champagne-Ardenne prévue par la réforme territoriale, les élus alsaciens revendiquent la création d’une collectivité unique réunissant la région et ses deux départements.
Le projet d’un « Conseil d’Alsace », soumis à référendum en avril 2013, avait pourtant échoué en raison d’un nombre insuffisant de votants mais aussi de l’opposition d’une majorité d’électeurs du Haut-Rhin incités à voter contre par des élus.
Les conseillers généraux et les parlementaires haut-rhinois UMP-UDI, majoritaires en Alsace, ont été cette fois les premiers à s’accorder, lundi, pour défendre leur idée contre la fusion de collectivités adoptée le 23 juillet par l’Assemblée nationale.
Le projet de réforme territoriale doit revenir en deuxième lecture à l’automne devant le Sénat.
Philippe Richert, président UMP du conseil régional qui avait très mal vécu l’échec du Conseil d’Alsace, a saisi la balle au bond.
« Le Conseil d’Alsace, cette collectivité nouvelle qui réunirait le Conseil régional et des deux conseils généraux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, est aujourd’hui la réponse la plus adaptée pour l’Alsace », se réjouit-il dans une déclaration transmise mercredi à la presse.
« La réaction de nos concitoyens (au projet de fusion à trois) est une opposition unanime », affirme-t-il en évoquant les 50.000 signatures recueillies par une pétition en ligne lancée par le maire UMP de Mulhouse, Jean Rottner.
Philippe Richert, qui avait un des premiers à soutenir la réforme gouvernementale quand il s’agissait de fusionner l’Alsace avec la seule Lorraine, dénonce désormais « un coup de force dans lequel « l’Alsace a été une variable d’ajustement d’arrangements politiques ».
« Maintenant les trois collectivités doivent délibérer de façon concordante et ouvrir avec le gouvernement une discussion visant à inscrire directement dans la loi la nouvelle organisation de notre région », dit-il, fort du soutien au Conseil d’Alsace de Guy-Dominique Kennel, président UMP du conseil général bas-rhinois.
Le président de la région souhaite que les représentants du monde économique s’associent au message pour que l’Alsace parle d’une manière « claire et encore plus forte ».
Dans un moment où les « partis politiques nationaux perdent leur crédibilité », il envisage la création d’un « mouvement politique régional » qui dépasse les clivages et pourrait s’appeler « Passion Alsace » ou « Avenir Alsace ».
La gauche, dont le principal bastion est Strasbourg, n’a pas encore répondu à l’appel. Armand Jung et Philippe Bies, les deux députés socialistes alsaciens, s’étaient abstenus le 23 juillet pour exprimer leur désaccord vis-à-vis d’une fusion à trois.
(Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)