Par Olivier Rabaey, attaché parlementaire de Catherine Troallic, militant de la section Socialiste du Havre
Sans vouloir inutilement polémiquer à propos d’un très beau projet qui doit avant tout rassembler, on est néanmoins en droit – a fortiori quand on s’est impliqué dans ce dossier – de regretter l’attitude et les propos de M. Gastinne, adjoint au maire du Havre, lors de la réunion de lancement de NQT au Havre qui s’est déroulée le 1er octobre au Tetris.
La seule prise de parole de l’adjoint au maire a consisté non pas à saluer ou à remercier publiquement pour le travail accompli mais uniquement à regretter que la Ville du Havre et la Codah n’aient pas été associées, dès le départ, au projet*. S’adressant au Président de l’association qui l’interrogeait sur un soutien futur, M. Gastinne a répondu : « vous comprenez qu’il sera plus difficile de soutenir quand on a pas été associé dès le départ » ! Si cette intervention n’a évidemment pas ému les élus régionaux engagés auprès de NQT, elle a pu suscité un peu de gêne parmi les responsables d’associations et les chefs d’entreprise présents. Face à un comportement et à des propos inacceptables au regard de l’enjeu et au fait que certains Havraises ou Havrais pourraient croire que la Ville et la Codah auraient été volontairement écartés de ce projet, nous nous devons de rappeler quelques faits !
Premièrement, NQT, dont la petite équipe est remarquable, avait obtenu, dès l’origine, le soutien opérationnel et financier de Catherine Troallic, députée de l’agglomération Havraise puis rapidement de la DRJSCS, de la Région Haute-Normandie, du Département de Seine-Maritime et d’entreprises locales. NQT n’avait pas donc besoin d’aide supplémentaire pour l’implantation et le démarrage de l’association au Havre et en Haute-Normandie. Pourquoi donc mobiliser de nouvelles ressources publiques quand cela n’est pas nécessaire ?
Deuxièmement, la Ville du Havre a été invitée à ce lancement puisque M. Gastinne était présent.
Troisièmement, rien n’a été fait en catimini, ni avec la volonté d’exclure quiconque. Dès janvier 2014, Le Havre Libre** relayait que Catherine Troallic travaillait à l’implantation de l’association sur notre territoire***. En juin 2014, la commission permanente de la Région Haute-Normandie s’est réunie pour voter une aide à cette association dans le cadre de sa politique de lutte contre les discriminations (le rapport est plus qu’explicite)****. Or, M. Gastinne est conseiller régional et Mme Egloff, une de ses collègues à la ville du Havre et à la Codah, siège dans cette commission permanente. Comment ce projet aurait-il donc pu échapper à ces élus ? La réalité c’est que M. Gastinne ou d’autres élu(e)s de la majorité à la Ville ou la Codah n’ont, à aucun moment réellement cherché à s’intéresser à cette initiative. Rien n’eût été plus simple d’évoquer le sujet avec Catherine Troallic ou de prendre directement l’attache des responsables de l’association.
La seule et vraie question que M. Gastinne aurait dû se poser : n’y a-t-il pas suffisamment de jeunes au chômage dans ma ville pour considérer que l’implantation de NQT est très utile et qu’il conviendra, par conséquent, de la soutenir parce qu’elle profitera aux jeunes de ma ville et de mon agglomération ? Les propos de M. Gastinne témoignent hélas de l’arrogance d’une droite municipale qui se considère toute-puissante depuis sa victoire au premier tour aux municipales. Ils considèrent que toute idée développée en dehors de leur giron serait une forfaiture, un crime de lèse-majesté et que ce sont aux porteurs de projets de venir à eux comme on vient au Messie !
Espérons que dans les prochains mois, si l’association venait à demander de l’aide à la Ville et à la Codah, par exemple, pour diffuser de l’information sur des panneaux d’affichage, les élus concernés se montreront plus ouverts et moins revanchards que M. Gastinne. Si tel n’était pas le cas, sans doute faudrait-il leur rappeler que le mentor du maire du Havre soutient lui-même le dispositif dans sa ville de Bordeaux. A bon entendeur !
Olivier Rabaey, attaché parlementaire de Catherine Troallic, militant du parti socialiste du Havre
*** Extrait du discours de Catherine Troallic lors de ses vœux en janvier 2014 consultable sur http://catherine-troallic.fr/ceremonie-de-voeux-2014/ : « Je profite également de ses vœux pour vous annoncer que je travaille actuellement à l’implantation sur Le Havre de l’association « Nos quartiers ont du talent ». Cette association vise à aider les jeunes diplômés qui galèrent à trouver, grâce à des partenariats un premier emploi. C’est un dossier qui est en bonne voie et pour lequel je tiens à remercier tout particulièrement Philippe. J’aurai l’occasion d’en reparler avec bon nombre d’entre-vous car nous aurons besoin de l’engagement de tous. »
**** Commission permanente de la Région Haute-Normandie du 14 juin 2014, Rapport N°34, « lutte contre les discriminations », p. 245 et 246. Cf. http://www.hautenormandie.fr/L-INSTITUTION/Les-deliberations