Mardi 7 octobre, le Conseil général de Seine-Maritime a voté en séance plénière un amendement du groupe communiste débloquant 1,25 million d'euros en direction de l'aide à domicile pour les personnes âgées et handicapées. Une bouffée d'oxygène pour un secteur associatif en crise, mais qui ne règle cependant rien sur le fond, d'après Jean-Marc Dussaux, le président de l'Association de l'aide familiale populaire (AAFP) dont 69 salariés interviennent sur la commune auprès de 466 familles stéphanaises.
Nous l'annonçons dans le numéro 192 du Stéphanais, les difficultés du secteur associatif de l'aide à domicile sont liées à une prise en charge de l'allocation personnalisée d'autonomie, gérée par le Département, inférieure au coût réel de l'intervention des auxiliaires de vie et des aides ménagères.
Ce décalage crée un "reste à charge" pour les associations qui pèse lourdement sur les comptes et met en danger leur existence même.
L'AAFP s'était récemment vu proposer une subvention exceptionnelle de 300.000 euros par le Conseil général afin de combler le déficit induit par ce reste à charge, mais Jean-Marc Dussaux avait refusé l'offre, avançant que cette subvention n'était qu'"pansement sur une jambe de bois", selon ses mots, et ne permettrait pas de régler le problème de fond. "Tant qu'on ne prendra pas en compte le coût réel de l'aide à domicile, les difficultés perdureront", affirme-t-il.
Inquiet de la situation qui pèse simultanément sur l'emploi des salariés de l'AAFP et sur les familles, le groupe des élus communiste du conseil général a obtenu cette aide exceptionnelle supplémentaire de 1,25 million d'euros. Par la voix de Claude Collin, conseiller général stéphanais, le groupe communiste a notamment pointé les différences entre le secteur associatif et le privé lucratif de l'aide à domicile, le premier étant soumis à des contraintes notamment en terme de rémunération et de formation des salariés plus lourdes que le second. Bien qu'à l'origine du déblocage de ce fonds en direction des associations de l'aide à domicile, Claude Collin a également pointé que le rétablissement temporaire de l'équilibre budgétaire des association d'aide à domicile aura un coût très lourd : "Ne soyons pas naïf, a-t-il dit, c'est bien de suppression d'emplois dont il s'agit avec pour conséquences des prises de parts de marché par le secteur privé lucratif."
Selon le président de l'AAFP, le revirement du président du Conseil général, Nicolas Rouly, en faveur du vote de ce fonds de 1,25 million d'euros, serait "une manœuvre pour pousser les associations à licencier"…
Jean-Marc Dussaux, contraint d'accepter 600.000 euros de ce fonds d'aide afin de ne pas risquer la disparition de l'association, annonce qu'il sera obligé de licencier une dizaine de salariés sur la Seine-Maritime. "Tout cela est destiné à faciliter l'accès au privé lucratif", prévient-il.